Présentation de Jacques Morel

Alors que les témoignages accusant Paul Kagame et le FPR d’avoir commis l’attentat contre l’avion d’Habyarimana se voulaient nombreux et convergents, c’est le témoignage tardif d’Abdul Ruzibiza qui sert de pivot aux accusations du juge Bruguière. Son livre « Rwanda, l’histoire secrète » préfacé par Claudine Vidal, directrice de recherche au CNRS, postfacé par André Guichaoua, professeur de sociologie à la Sorbonne, jouirait donc d’une caution « juridique, scientifique et universitaire » française.1

Pierre Jamagne nous soumet dans l’article qui suit une analyse critique de quelques points majeurs du livre de Ruzibiza. Il a séjourné à Kigali de décembre 1991 à avril 1994. Il y a vécu la montée vers le génocide. Il était coopérant belge en charge de la cartographie des sols et il a réalisé entre autres la cartographie des sols de la colline de Masaka, et, hasard du calendrier, il avait choisi cette colline pour une randonnée qui devait avoir lieu dimanche suivant le 6 avril. Il s’y est rendu deux fois dans les deux semaines précédant l’attentat contre l’avion présidentiel pour baliser l’itinéraire de la randonnée. Il a fui le Rwanda au début du génocide, le 11 avril.

Dans l’article qui suit, Jamagne, prenant en compte plusieurs écrits et déclarations de Ruzibiza montre qu’un certain nombre de ses affirmations sont invraisemblables, contradictoires ou fausses. En particulier son récit de l’attentat du 6 avril 1994, qui est, selon Claudine Vidal page 26, « le plus précis de ceux qui furent jusqu’à maintenant rendus publiques par les dissidents du FPR » n’est pas crédible, estime Jamagne, et semble sorti tout droit de son imagination. C’est à tel point que Ruzibiza ne dit pas ce qu’il faisait ce soir là du 6 avril 1994 à Masaka et comment il en est reparti. Une rescapée l’ayant entendu parler à la BBC rap-porte qu’il ne sait même pas bien prononcer le nom Masaka, lieu d’où seraient par-tis les missiles qui ont abattu l’avion. Colette Braeckman qui le rencontra en mai 2003 à Kampala, avant qu’il soit entendu par le juge Bruguière, note « qu’il s’embrouillait notamment dans les lieux [du tir des missiles] et dans l’accès au site ».2 C’est bien là les symptômes d’un récit fabriqué. Et le juge Bruguière a abondé dans ce sens en ne le faisant pas arrêter.

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Titre : « Rwanda. L’histoire secrète » de Abdul Joshua Ruzibiza ou Mensonges made in France ?
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À l’intérieur de la rubriqueN°2 • 2008
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