Le procès

Neuf officiers supérieurs français portent plainte contre la revue La Nuit rwandaise.

Informations :

21 mars 2014
Annulation de l’ensemble des citations délivrés à l’initiative des militaires français contre la revue La Nuit rwandaise.

Avril 2015
Général Quesnot débouté en cassation !

Le 5 août 2008, lors de la publication du rapport de la « Commission nationale indépendante chargée de faire la lumière sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi de 1994 », le ministre rwandais de la justice, Tharcisse Karugamara, diffusait un communiqué dans lequel étaient désignées les trente-trois « personnalités politiques et militaires françaises les plus impliquées dans le génocide ».

Parmi ces personnalités, treize politiques, au premier rang desquels François Mitterrand, président de la République, et Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, et vingt militaires, à commencer par le chef d’état-major des armées, l’amiral Jacques Lanxade et le chef d’état-major particulier du Président Mitterrand, le général Christian Quesnot.

Ce communiqué concluait : « Vu la gravité des faits allégués, le gouvernement rwandais enjoint les instances habilitées à entreprendre les actions requises afin d’amener les responsables politiques et militaires français incriminés à répondre de leurs actes devant la justice. »

Fin octobre 2009, le général Quesnot, faisant office de porte-parole du groupe, accordait une interview à l’Express, dans laquelle il faisait part de ce qu’il avait eu l’intention de porter plainte dès la publication de ce communiqué.

Le 8 juillet 2011, le directeur de publication de la revue La Nuit rwandaise, Michel Sitbon, a été mis en examen suite à la plainte de ce général et de huit autres officiers supérieurs de l’armée française. Ceux-ci allèguent qu’ils s’estiment diffamés par la republication, en août 2008, sur le site Internet de cette revue, www.lanuitrwandaise.org, du communiqué du ministère de la justice rwandais qui les désignent nommément comme susceptible de poursuite judiciaire au regard de leur implication dans le génocide des Tutsi de 1994.

Les plaignants, en tête desquels figure le général Christian Quesnot, chef d’état-major particulier de François Mitterrand pendant le génocide, sont Jacques Hogard, Jacques Rosier, Jean-Claude Lafourcade, Jean-Jacques Maurin, Michel Robardey, Etienne Joubert, René Galinié et Bernard Cussac.

Qu’est-il repproché à la revue ?

Qu’est-ce qui est reproché par les neuf plaignants à la revue La Nuit rwandaise ?

– D’avoir publier sur son site Internet (www.lanuitrwandaise.net) un communiqué de presse officiel du Ministre de la justice rwandais, Tharcisse KARUGARAMA, rendu public le 05 août 2008, à la suite de la publication du Rapport Mucyo.

Une étape vers le Nuremberg des responsables français engagés au Rwanda ?

Neuf officiers supérieurs français portent plainte contre la revue La Nuit rwandaise. Ceux-ci allèguent qu’ils s’estiment diffamés par la republication, en août 2008, sur le site Internet de cette revue, www.lanuitrwandaise.net, du communiqué du ministère de la justice rwandais qui les désignent nommément comme susceptible de poursuite judiciaire au regard de leur implication dans le génocide des Tutsi de 1994.

Les plaignants, en tête desquels figure le général Christian Quesnot, chef d’état-major particulier de François Mitterrand pendant le génocide, sont Jacques Hogard, Jacques Rosier, Jean-Claude Lafourcade, Jean-Jacques Maurin, Michel Robardey, Etienne Joubert, René Galinié et Bernard Cussac.

Afin que ce procès soit l’occasion d’aller au fond des choses, La Nuit rwandaise s’est engagée à rassembler les éléments d’une offre de preuve, ce qui signifie qu’elle ne plaidera pas seulement la bonne foi de l’accusé et la légitimité qu’il pouvait y avoir à publier un communiqué de presse du gouvernement rwandais sur le site internet de La Nuit rwandaise, mais également sur le fait que les affirmations dénoncées comme diffamatoires par les plaignants pourraient bien être fondées, ce qu’elle entend prouver.

Plaidoiries les 23 et 24 avril (sous réserve de changements dans la procédure) devant la 17ème chambre correctionnelle (chambre de la presse) du Tribunal de Grand Instance de Paris.

Jacques Rosier

Jacques Rosier est chef de corps du 1er RPIMa de 1990 à 1992. Il commande l’opération Noroît, y compris le DAMI, de juin à novembre 1992. En 1994, il est chef « opérations » de l’état-major du COS à Taverny. À ce titre il est responsable des éléments COS certainement restés au Rwanda pendant le génocide ou venus en précurseurs avant l’opération Turquoise.

Jacques Rosier est chef de corps du 1er RPIMa de 1990 à 1992. Il commande l’opération Noroît, y compris le DAMI, de juin à novembre 1992. En 1994, il est chef « opérations » de l’état-major du COS à Taverny. À ce titre il est responsable des éléments COS certainement restés au Rwanda pendant le génocide ou venus en précurseurs avant l’opération Turquoise.


Lors de l’opération Turquoise, il commande le groupement COS, première unité arrivée au Rwanda.

Sa mission est clairement de faire barrage au FPR aux côtés des auteurs du génocide, sous couvert d’une mission humanitaire. Il a une rencontre secrète le 24 juin avec deux ministres du GIR, dont il conclut que le FPR ayant perdu toute base politique, du fait de l’extermination des Tutsi et des « hommes de paille », il suffirait de donner un coup d’arrêt à son offensive pour anéantir sa stratégie de prise du pouvoir.
Il refuse de démanteler les barrières. Il déclare le 27 juin : « Les miliciens font la guerre. Par souci de neutralité, nous n’avons pas à intervenir. Sinon, demain, s’il y a des infiltrations de rebelles, on nous fera porter le chapeau. » Ils laisse donc les FAR et les miliciens éliminer les Tutsi restants.

Le 27 juin, alors que le groupe Duval sous ses ordres vient de rencontrer des survivants tutsi, traqués à Bisesero, il laisse entendre aux journalistes que ce sont des éléments avancés de l’offensive du FPR visant à couper en deux la zone gouvernementale.

Soucieux d’empêcher les miliciens d’attaquer le camp de Nyarushishi que la France s’est engagée à protéger, il les fait acheminer de Cyangugu vers Bisesero pour éliminer au plus vite les derniers Tutsi survivants.

Si des journalistes n’avaient pas été là, leur extermination aurait été totale. Au minimum 1 000 Tutsi ont été tués ainsi devant les Français.

Le 4 juillet, Paris lui donne le feu vert pour faire barrage au FPR à Gikongoro. Les militaires français s’installent alors à l’école de Murambi et y établissent un camp où ils entassent bourreaux et victimes sur les lieux du massacre du 21 avril que l’armée française cachera. Jusqu’à la fin de l’opération Turquoise ils collaboreront avec les auteurs des massacres.

Le colonel Rosier a coopéré avec les auteurs du génocide et a donné l’ordre à ses subordonnés de faire de même. Il a laissé continuer le génocide au prétexte d’éliminer les infiltrés du FPR. Plusieurs témoins ont vu des soldats français abandonner des Tutsi aux tueurs. Certains même ont été largués depuis des hélicoptères. Il a stoppé l’offensive du FPR dans le Sud-Ouest. Il n’a pas désarmé les tueurs, il ne les a pas arrêtés. En particulier, il n’a pas arrêté les ministres et le président du gouvernement intérimaire qui sont passés par la zone humanitaire. Alors qu’il contrôlait la zone, les tueurs ont été ravitaillés en armes et munitions.

Le colonel Rosier doit être mis en examen pour génocide.


Pour plus d’informations (sources, documents), voir l’article de Jacques Morel Portraits des 9 militaires français ayant porté plainte contre La Nuit Rwandaise

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Jacques Hogard

Né en 1955, le lieutenant-colonel Jacques Hogard est le fils du général Jacques Hogard, qui, au cours de la guerre d’Indochine, conçoit avec le colonel Lacheroy la doctrine de la guerre révolutionnaire, qu’ils appliqueront en Algérie. Il participe au putsch des généraux en 1961.

Né en 1955, le lieutenant-colonel Jacques Hogard est le fils du général Jacques Hogard, qui, au cours de la guerre d’Indochine, conçoit avec le colonel Lacheroy la doctrine de la guerre révolutionnaire, qu’ils appliqueront en Algérie. Il participe au putsch des généraux en 1961.


Officier de la Légion étrangère stationné à Djibouti, Jacques Hogard commande le groupement Sud Turquoise (Cyangugu), formé de troupes de la Légion. Il arrive le 29 juin à Goma et le 30 à Cyangugu. Il accompagne ce jour-là le colonel Rosier à Bisesero.
À Cyangugu, il relève le détachement du 1er RPIMa qui avec les autres groupes COS va arrêter l’avancée du FPR devant Gikongoro.

Des troupes de la Légion organisent une autre ligne de défense contre le FPR en lisière est de la forêt de Nyungwe. De ce fait la mission du colonel Hogard est de pactiser avec les auteurs du génocide pour arrêter le FPR. Il rencontre le général Gratien Kabiligi, chef des opérations des FAR.

Il participe au réarmement des FAR et des miliciens et à l’entraînement de nouvelles recrues.
Le massacre des Tutsi survivants continuent dans la zone de responsabilité du colonel Hogard. Il n’arrête aucun assassin. Il se justifie en disant qu’il avait une mission militaire mais pas de gendarmerie ou de police. Il n’ignore pas le rôle du préfet Bagambiki dans les massacres mais il ne l’arrête pas et collabore avec lui. Il déplore son départ. Il en est de même pour le lieutenant Samuel Imanishimwe dont il n’ignore pas « le rôle actif dans les règlements de compte et massacres perpétrés en ville au printemps ».

Le 16 juillet, il rencontre le président intérimaire Sindikubwabo et le ministre des affaires étrangères Bicamumpaka et organise leur exfiltration à Bukavu le lendemain.
Il laisse la radio gouvernementale appeler la population à suivre le gouvernement intérimaire au Zaïre. Il assiste au pillage de Cyangugu et à la destruction des services publics lors du départ des génocidaires sans s’y opposer.

Idéologue, Jacques Hogard accuse le FPR d’être l’auteur de l’attentat contre le président du Rwanda et d’avoir laissé faire le massacre des Tutsi. Il partage l’idéologie des auteurs du génocide quand il dénonce « le joug féodal des Tutsi ».

Il est promu officier de la Légion d’honneur avec traitement le 11 mai 2009.

Le lieutenant-colonel Jacques Hogard doit être mis en examen pour génocide.


Pour plus d’informations (sources, documents), voir l’article de Jacques Morel Portraits des 9 militaires français ayant porté plainte contre La Nuit Rwandaise

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Jean-Claude Lafourcade

Jean-Claude Lafourcade est officier des troupes de marine. Il a commandé le 8e RPIMa. Général de brigade, il est nommé commandant de l’opération Turquoise. Il prend son commandement le 27 juin.

Jean-Claude Lafourcade est officier des troupes de marine. Il a commandé le 8e RPIMa. Général de brigade, il est nommé commandant de l’opération Turquoise. Il prend son commandement le 27 juin.


Pour lui, sa mission est clairement de combattre le FPR. Comme le rapporte le général Dallaire qui le rencontre le 30 juin, il refuse de reconnaître l’existence d’un génocide. Au départ, il veut s’assurer le contrôle de la moitié ouest du Rwanda.
Informé de la rencontre de survivants tutsi à Bisesero par le groupe de reconnaissance Duval, le 27 juin, il n’organise pas d’opération pour les secourir.

C’est sous son autorité qu’à partir du 5 juillet, l’opération que dirige le colonel Tauzin alias Thibaut fait barrage à Gikongoro à l’offensive du FPR et protège ainsi les auteurs du génocide. Il reconnaît avoir utilisé plusieurs fois la force contre le FPR, alors qu’il ne désarme pas les FAR (il dit au général Dallaire le 30 juin qu’il n’en a pas le mandat), ni les milices et les groupes d’auto-défense et ne les arrête pas. Il ne fait pas démanteler les barrières où les Tutsi se font toujours tuer.

Il collabore avec Augustin Bizimungu, chef d’état-major des FAR, et propose de le soutenir comme interlocuteur dans la négociation d’un cessez-le-feu alors qu’il sait qu’il commande aussi les miliciens. Il fait contribuer à la formation de nouvelles recrues pour les FAR, milices ou groupes d’auto-défense et à leur réarmement.

Il se refuse à faire interrompre les émissions de radio Rwanda et RTLM qui continuent d’enjoindre de tuer les Tutsi et commandent à la population de fuir au Zaïre.
Le 11 juillet, il propose aux ministres du GIR, qui ont organisé le génocide des Tutsi, de se réfugier dans la ZHS. Il ordonne à ses subordonnés de ne pas les arrêter. Le 16 juillet, il enjoint au colonel Hogard d’organiser le départ au Zaïre du président intérimaire et des ministres réfugiés à Cyangugu.

Plus tard il prétendra que tous les responsables politiques impliqués dans le massacre sont partis d’eux-mêmes et qu’il n’a pas eu à les arrêter.
Il ne fait rien pour entraver l’exode de la population au Zaïre et les pillages et destructions qui l’accompagne.

Alors que le général Augustin Bizimungu et son armée sont repliés à Goma, le général Lafourcade continue à collaborer avec eux. Il laisse des avions débarquer des armes destinées aux FAR, en violation de l’embargo de l’ONU.

En regrettant le nombre insuffisant d’hélicoptères de combat dont il disposait, il reconnaît que l’essentiel de sa mission était d’arrêter l’offensive du FPR.
Par la suite, le Général Lafourcade est successivement sous-chef d’état-major « opérations » de l’armée de terre, commandant supérieur des forces armées de Nouvelle-Calédonie puis Commandant de la Force d’action terrestre (CFAT) à Lille.

Jean-Claude Lafourcade doit être mis en examen pour génocide.


Pour plus d’informations (sources, documents), voir l’article de Jacques Morel Portraits des 9 militaires français ayant porté plainte contre La Nuit Rwandaise

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Jean-Jacques Maurin

Ancien du 1er RPIMa, le lieutenant-colonel Jean-Jacques Maurin est nommé adjoint de l’attaché de Défense, conseiller du chef d’état-major des FAR le 24 avril 1992. Il occupe toujours les mêmes fonctions en avril 1994.
Il est très lié avec le colonel Serubuga, chef d’état-major adjoint des FAR jusqu’au 9 juin 1992.

Ancien du 1er RPIMa, le lieutenant-colonel Jean-Jacques Maurin est nommé adjoint de l’attaché de Défense, conseiller du chef d’état-major des FAR le 24 avril 1992. Il occupe toujours les mêmes fonctions en avril 1994.
Il est très lié avec le colonel Serubuga, chef d’état-major adjoint des FAR jusqu’au 9 juin 1992.


Celui-ci envisageait déjà fin 1990 d’éliminer les Tutsi. L’ambassadeur Martres rapporte que :

« le colonel Serubuga chef d’état-major adjoint de l’armée rwandaise, s’était réjoui de l’attaque du FPR, qui servirait de justification aux massacres des Tutsis. »

C’est Serubuga qui déclenche les massacres de janvier 1991.

Maurin a probablement gardé des liens avec Serubuga qui ne pardonnera pas sa mise à la retraite au président Habyarimana. Depuis, Maurin conseille le colonel Deogratias Nsabimana, qui sera tué dans l’attentat contre l’avion du président. C’est lui qui commande en fait l’armée rwandaise. Il reçoit toutes les notes des services de renseignement. Il organise une compagnie de renseignement à partir du peloton CRAP, des groupes RASURA et des services d’écoute.

Avec le retrait de l’opération Noroît en décembre 1993, c’est lui qui commande les DAMI restés secrètement au Rwanda. Il est responsable de l’entraînement que ceux-ci donnent aux miliciens. Il rencontre en février 1994 à l’hôtel de l’Akagera le colonel Lallemand (ou capitaine) du 1er RPIMa, affecté au Burundi, venu « en touriste » au Rwanda, et le colonel Bagosora.

Le colonel Bagosora confie au juge Bruguière qu’il avait « une coopération très serrée » avec le lieutenant-colonel Maurin, « nous étions des camarades », ajoute-t-il.

Etant donné sa proximité avec les colonels Serubuga et Bagosora, accusés d’avoir organisé le coup d’État contre Habyarimana, et étant donné qu’il avait la haute main sur les services de renseignement, Maurin est nécessairement très informé sur l’attentat qui a causé la mort du président rwandais et déclenché le génocide.

Il vient d’ailleurs à l’EM-FAR dans la nuit du 6 au 7 avril. En coordination avec le commandant de Saint-Quentin il fait fouiller les débris de l’avion abattu. On n’entendra jamais parler des résultats de leur enquête. Ils ont certainement récupéré les enregistreurs de vol (la boîte noire) et les débris du missile qui a abattu l’avion.
Le 7 avril, il prétend que le bataillon FPR sort de son cantonnement à 5 h du matin, ce qui est faux. Il laisse les militaires rwandais attaquer les Casques-bleus notamment avec des blindés fournis par la France.

Avec l’ambassadeur Marlaud, il rencontre dans l’après-midi le colonel Bagosora qui apparaît comme l’organisateur du coup d’État. Ils lui auraient demandé de faire cesser les massacres. Ceux-ci n’ayant pas cessé, il est plus vraisemblable qu’ils ont convenus avec lui des modalités de formation d’un gouvernement intérimaire que sera mis sur pied dès le lendemain soir.

L’attaché militaire le colonel Cussac étant absent, c’est le colonel Maurin qui discute avec les FAR des modalités de l’opération Amaryllis, en particulier du déblocage de la piste pour que les avions français puissent atterrir.

Le 9 avril 1994, il est commandant de l’opération Amaryllis. Il est donc responsable de la remise aux FAR d’armes et de munitions transportées par un des avions français. Connaissant beaucoup mieux le Rwanda que le colonel Poncet, qui lui succède au commandement de cette opération, il est responsable avec l’ambassadeur Marlaud des évacuations très sélectives, en particulier de l’abandon du négociateur des accords d’Arusha, Boniface Ngulinzira et des orphelins de Marc Vaiter, que Bernard Kouchner, envoyé par l’Élysée, voudra évacuer en mai.

Il commande le détachement spécialisé COS qui reste le 12 avril, après le départ d’Amaryllis. Il dit partir le 14 avril. Il accuse les Belges d’avoir empêché par des tirs le décollage du dernier avion français.

Nous ne savons pas s’il est revenu au Rwanda pendant le génocide.
Le lieutenant-colonel Maurin est nommé conseiller d’Ange Patassé à Bangui en octobre 1994. Il est colonel de réserve le 5 octobre 1998.

Il est promu officier de la Légion d’honneur avec traitement le 11 mai 2009.

Le lieutenant-colonel Maurin était informé du projet de génocide, il a participé à sa préparation en supervisant les DAMI et en collaborant étroitement avec deux militaires extrémistes notoires, les colonels Serubuga et Bagosora. Il est impliqué dans le coup d’État contre le président Habyarimana, qui déclenche le génocide. Fort de son expérience du Rwanda depuis 1992 et de son contrôle des services de renseignement militaires rwandais, il sait que le génocide des Tutsi est déclenché. Attaché de défense par intérim et commandant de l’opération Amaryllis, le 9 avril, il ne fait rien pour empêcher les massacres. Il n’ordonne pas aux militaires français de les faire cesser. Au contraire il collabore avec les unités de l’armée rwandaise qui sont les premières à tuer. Il les ravitaille en armes. Il s’entend avec le colonel Bagosora pour mettre en place un gouvernement civil extrémiste qui ne respecte pas les Accords d’Arusha.

Le lieutenant-colonel Maurin doit être mis en examen pour génocide et entente en vue de commettre un génocide.


Pour plus d’informations (sources, documents), voir l’article de Jacques Morel Portraits des 9 militaires français ayant porté plainte contre La Nuit Rwandaise

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Michel Robardey

Michel Robardey est au Rwanda depuis septembre 1990 en tant que conseiller technique en police judiciaire. Il est promu lieutenant colonel le 3 février 1992.

Il supervise le DAMI Gendarmerie.

Michel Robardey est au Rwanda depuis septembre 1990 en tant que conseiller technique en police judiciaire. Il est promu lieutenant colonel le 3 février 1992.

Il supervise le DAMI Gendarmerie.


Il est chargé en 1992 de réorganiser la section de recherche et de documentation criminelle (C.R.C.D.), c’est à dire le fichier central, un lieu de torture où sévissait le capitaine Simbikangwa. Michel Robardey a-t-il fait cesser la pratique de la torture ? Ses prédécesseurs ne la condamnaient pas. Il déclare qu’il a appris aux Rwandais à ne pas exécuter leurs prisonniers mais à les interroger. Il dit avoir sauvé ainsi « une quinzaine de Tutsi ».

Il informatise des fichiers du CRCD.

Il est chargé de mettre en place une section de recherche en vue de lutter contre les actions de terrorisme. Il est responsable d’une formation d’officier de police judiciaire. Mais le général Jean Varret constate que cette formation a été un échec, car les enquêtes faites par la gendarmerie « consistaient, dit-il, à pourchasser les Tutsis ».

Le rapport intitulé « Étude sur le terrorisme au Rwanda depuis 1990 » est rédigée par le DAMI P.J.-C.R.C.D. donc probablement par Robardey. Le FPR est désigné sans preuve sérieuse comme auteur de tous les attentats. Ces conclusions sont contredites par l’ambassadeur Martres qui estime que la formation OPJ n’a pas permis de progrès dans l’élucidation des attentats. Une note de la DGSE affirme que plusieurs attentats ont comme commanditaires des proches du président qui veulent discréditer le gouvernement multipartite.

Michel Robardey excelle surtout dans le domaine de l’action psychologique. Son but est de traquer « l’ennemi intérieur » qui n’est rien d’autre que « le grand éléphant tutsi ». Il fait la chasse aux soldats du FPR infiltrés. Il s’oppose aux « Tutsis avides de pouvoir ». Il semble clair pour lui que tout Tutsi est un infiltré du FPR. Robardey partage donc l’idéologie des génocidaires.

En 1993, il part en guerre contre la Commission internationale d’enquête qui publie son rapport en mars. Il collecte des informations sur « les terribles exactions auxquelles se livrent les Inkotanyi depuis le 8 février » et les envoie à l’étranger. Il prétend que le système d’écoutes des communications du FPR, mis en place par les Français, a permis de démontrer l’implication directe de l’armée ougandaise aux côtés du FPR.
Il déclare avoir participé aux négociations d’Arusha en juin 1993, dans la délégation française.

Au final, on s’interroge sur son action au sein de la gendarmerie rwandaise, car le général Dallaire prenant ses fonctions fin 1993 estime après enquête qu’une partie des gendarmes ne sont « rien d’autre que des criminels en uniforme ». Il quitte le Rwanda en septembre 1993. Mais on peut se demander s’il n’y est pas revenu.
Michel Robardey partage l’idéologie anti-tutsi des génocidaires. Il a contribué à la préparation du génocide. Il a notamment couvert les massacres du Bugesera.

Les faits sur lesquels il peut être incriminé datant d’avant 1994, on ne peut l’accuser de génocide.


Pour plus d’informations (sources, documents), voir l’article de Jacques Morel Portraits des 9 militaires français ayant porté plainte contre La Nuit Rwandaise

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Procès contre la revue La Nuit rwandaise   Plus d’informations et les dernières actualités sur ce procès sur le site www.lanuitrwandaise.org/proces  
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Procès des officiers français contre La Nuit rwandaise   Une étape vers le Nuremberg des responsables français engagés au Rwanda - pour la vérité sur la (...)  
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les responsabilités françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda
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 Portraits des 9 militaires français ayant porté plainte contre La Nuit Rwandaise
Jacques Morel   Nous présentons ici les portraits des neufs plaignants ; une note réalisée dans l’urgence par (...)  

René Galinié

Colonel de gendarmerie, il a fait Saint-Cyr. Il est attaché de défense et chef de la Mission d’assistance militaire d’août 1988 à juillet 1991. Il commande l’opération Noroît d’octobre 1990 à juillet 1991, hormis novembre 1990, où le commandement est confié au colonel Thomann.

Colonel de gendarmerie, il a fait Saint-Cyr. Il est attaché de défense et chef de la Mission d’assistance militaire d’août 1988 à juillet 1991. Il commande l’opération Noroît d’octobre 1990 à juillet 1991, hormis novembre 1990, où le commandement est confié au colonel Thomann.


Il partage l’idéologie génocidaire qui voit dans la tentative des exilés tutsi de rentrer au pays leur volonté de reprendre le pouvoir perdu en 1959.

Cependant, il avertit Paris dès le 12 octobre 1990 d’un risque de génocide. Plus précisément, le lendemain il évoque l’action des groupes d’autodéfense qui massacrent les Tutsi suspects avec des arcs et des machettes dans la région de Kibilira. Il reconnaît que s’il n’y avait pas eu d’interventions étrangères en 1990, l’armée rwandaise aurait été vaincue. Devant la MIP il dira que dans l’armée rwandaise, les procédés d’élimination sont admis.

Il quitte le Rwanda en 1991, avant la fin de son contrat et cultiverait des roses dans le sud de la France.

Quoi qu’il ait fait, le colonel Galinié ne peut être accusé de génocide, la période 1990-1991 étant en dehors de la saisine du TPIR et antérieure à l’entrée en vigueur du crime de génocide dans le code pénal français.


Pour plus d’informations (sources, documents), voir l’article de Jacques Morel Portraits des 9 militaires français ayant porté plainte contre La Nuit Rwandaise

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Christian Quesnot

Né en 1938, Christian Quesnot est officier du génie, affecté au Tchad et au Liban comme officier de renseignements. Il devient chef d’état-major particulier du Président de la République du 24 avril 1991 à septembre 1995.

Né en 1938, Christian Quesnot est officier du génie, affecté au Tchad et au Liban comme officier de renseignements. Il devient chef d’état-major particulier du Président de la République du 24 avril 1991 à septembre 1995.


Concernant le Rwanda, le chef d’état-major particulier est le point central où arrivent toutes les informations et d’où partent toutes les décisions. Il prime sur les autres conseillers et sur les ministres. Mais c’est François Mitterrand qui est le responsable et le décideur ultime. Il est possible que Mitterrand ait confié à d’autres des missions sur le Rwanda, à l’insu de Quesnot.

Le général Quesnot est le promoteur de la stratégie indirecte, autre- ment dit de la guerre secrète, qui consiste à soutenir l’armée rwandaise sans que les militaires français prennent part aux combats. Le prétexte avant décembre 1993 est la protection des ressortissants français. Entre décembre 1993 et le 23 juin 1994, on affirme que « nous sommes partis », puis, pendant l’opération Turquoise, on affirme que notre objectif est uniquement humanitaire.

Le général Quesnot adhère à l’idéologie du génocide. Il est anti- Tutsi : ce sont des fascistes, des khmers noirs, des agresseurs. Sa seule grille d’analyse est l’ethnie. Estimant que les Hutu étant majoritaires, ils doivent gouverner le pays, il montre qu’il partage l’idéologie dite du peuple majoritaire. Il est opposé au partage du pouvoir avec les Tutsi. Alors que la France dit soutenir les Accords d’Arusha, il y est opposé en raison « des avantages exorbitants qu’ils donnent au FPR ».

C’est un spécialiste de la guerre psychologique :

- Il soutient que les attaques de l’armée du FPR constituent une agression de l’Ouganda dans le but de créer un Tutsiland de l’Ouganda au Burundi.

- Il attribue au FPR l’usage de missiles sol-air.

- Il accuse le FPR de massacres dont l’armée rwandaise ou des escadrons de la mort suscités par l’entourage du président rwandais sont responsables.

- Dès le lendemain de l’attentat contre l’avion d’Habyarimana, il accuse le FPR d’en être l’auteur.

- C’est un spécialiste de la guerre totale. Il déclare à la MIP : « Cette guerre était une vraie guerre, totale et très cruelle. »

- Il doit être suspecté d’avoir prôné la stratégie de dissuasion par les massacres de Tutsi à la machette pour répliquer aux attaques du FPR.

- Informé du déclenchement du génocide, il n’en saisit pas l’ONU. Au contraire il n’informe pas le secrétaire général de l’opération française Amaryllis.

- De connivence avec son ancien adjoint, le général Huchon, il maintient de manière secrète la coopération militaire avec le régime rwandais qui perpètre un génocide. C’est lui qui commande les actions secrètes déclenchées depuis le ministère de la Coopération avec le COS (amiral Lanxade, général Le Page), la DRM (général Heinrich) et ses CRAP, et la DGSE (préfet Dewatre).

- Le 4 mai 1994, alors qu’il ne fait aucun doute que des centaines de milliers de Tutsi ont été massacrés sur les ordres du Gouvernement intérimaire rwandais, le général Quesnot, est en relation téléphonique avec Théodore Sindikubwabo, le président de la République rwandaise par intérim, qui orchestre le génocide.

- Il accuse le président ougandais Museveni de vouloir partitionner le Rwanda et de créer un Tutsiland.

- Le 6 mai, il propose à Mitterrand une « certaine stratégie indirecte qui pourrait rétablir un certain équilibre. » Elle consiste donc à soutenir le gouvernement des tueurs contre le FPR.

- Le 22 mai 1994, Quesnot transmet une lettre de Sindikubwabo à François Mitterrand où celui-ci le remercie de son soutien apporté « jusqu’à ce jour » et lui lance un appel à l’aide urgente.

- Le 28 juin, il diffuse l’information fausse sur des infiltrations du FPR qui viseraient à couper en deux la zone gouvernementale.

- Il soutient que les massacres sont provoqués par l’offensive du FPR.

- Le but qu’il assigne à Turquoise est clairement d’arrêter l’offensive du FPR qui ne fait que poursuivre les assassins. Pour cela il accuse le FPR de pousser la population à fuir.

- c’est lui qui par l’intermédiaire du préfet Prouteau fait intervenir Barril qui lance de fausses informations le 28 juin à la Télévision.

Le président Chirac élu en 1995 ne le nomme pas chef d’état-major des armées comme il l’espérait. Après la publication du rapport de la commission Mucyo, il demande en septembre 2008 « au gouvernement de défendre les officiers qui ont agi selon ses ordres, cibles d’attaques inadmissibles ».

Christian Quesnot devient ensuite directeur de la revue « Défense Nationale et Sécurité Collective » jusqu’au 14 avril 2008. En 2010, suite à la prise d’otages au Niger, Areva le charge d’une étude sur les conditions de sécurité du groupe nucléaire.

Christian Quesnot doit être mis en examen pour génocide.


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Bernard Cussac

Le lieutenant-colonel Bernard Cussac est attaché militaire de Défense, chef de la mission d’assistance militaire de juillet 1991 à avril 1994. Il commande l’opération Noroît de juillet 1991 à décembre 1993 hormis février et mars 1993.

Le lieutenant-colonel Bernard Cussac est attaché militaire de Défense, chef de la mission d’assistance militaire de juillet 1991 à avril 1994. Il commande l’opération Noroît de juillet 1991 à décembre 1993 hormis février et mars 1993.


Il dirige donc les opérations militaires françaises qui permettent de former et soutenir l’armée rwandaise, qui ne sait pas se battre mais liquide tous ses prisonniers. Il reconnaît que c’est l’intervention militaire française qui a empêché le FPR d’arriver à Kigali en février 1993.

Il participe lui-même à l’interrogatoire des prisonniers FPR.

Il prend part à la préparation du génocide en organisant le soutien militaire français aux FAR, aux milices et aux groupes d’auto-défense alors que ceux-ci commettent des massacres de Tutsi destinés à tester la réaction des gouvernements étrangers qui soutiennent le régime rwandais.

Avec le lieutenant-colonel Maurin, il organise les actions militaires secrètes pour soutenir les FAR après le départ de l’opération Noroît.
Il est rappelé en France le 3 mars 1994 et ne revient à Kigali que le 9 avril. Avant son retour, il est chargé par le général Quesnot d’une enquête sur l’attentat contre l’avion du président.

Reprenant le 9 avril ses fonctions d’attaché de défense, il est responsable de la non-intervention des forces françaises pour faire cesser les massacres et de leur collusion avec le gouvernement génocidaire.

Bernard Cussac doit être mis en examen pour génocide.


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Étienne Joubert

Chef du DAMI, il entraîne des miliciens avant 1994

Étienne, Jean, Alain Joubert est né le 9 novembre 1948. Il est officier de transmissions.[1] Lieutenant-colonel au 1er RPIMa, il commande le DAMI Panda du 23 décembre 1992 au 18 mai 1993.

Chef du DAMI, il entraîne des miliciens avant 1994

Étienne, Jean, Alain Joubert est né le 9 novembre 1948. Il est officier de transmissions.[1] Lieutenant-colonel au 1er RPIMa, il commande le DAMI Panda du 23 décembre 1992 au 18 mai 1993.


Après l’attaque du FPR du 8 février 1993 et la déroute des FAR, l’armée française se lance à leur secours. Du 22 février au 28 mars 1993, le front Nord est divisé en trois zones opérationnelles confiées chacune à un officier français.[2] Le lieutenant-colonel Étienne Joubert commande le secteur Rulindo. Il concède que les combats se mènent au mépris du droit de la guerre :

La guerre civile FAR-APR fut en effet dure et impitoyable, les belligérants ne faisant que peu de prisonniers. Le colonel Joubert qui fut chef du DAMI Panda3 du 23 décembre 1992 au 18 mai 1993 n’a ainsi, en quatre mois et demi de présence, jamais pu voir un prisonnier APR vivant et il ajoute que « le même sort était réservé aux soldats des FAR pris par le FPR ».[4]

Chef du DAMI Panda, le colonel Joubert, organisait des stages d’entraînement au camp de Gabiro. L’adjudant-chef Thierry Prungnaud affirme avoir vu, dans un centre d’entraînement militaire dans le parc de l’Akagera, Gabiro sans doute, des Français en uniformes, probablement membres du 1er RPIMa, apprendre le tir « à une trentaine de Rwandais en civil avec des AK47, des armes de guerre ».[5] Le colonel Joubert nie avoir formé des miliciens Interahamwe :

Dans le camp de Gabiro situé dans la partie nord du parc de l’Akagera, les DAMI recyclaient uniquement les appuis des bataillons concernés (mitrailleuses, mortiers, canons SR sans recul) ainsi que les spécialistes génie [sic] car c’était le seul endroit au Rwanda où on pouvait bénéficier de champs de tir illimités et vides de population. Les DAMI y faisaient les synthèses de combat au niveau compagnie et bataillon en raison des vastes espaces disponibles et des possibilités de tir réel. Tous les Rwandais qui sont passés dans ce camp étaient des soldats déjà formés pour ne pas dire des spécialistes et en aucun cas des recrues parmi lesquelles auraient pu être « discrètement » glissés des miliciens.[6]

En 1994, il participe à l’opération Turquoise

Le colonel Étienne Joubert revient au Rwanda durant l’opération Turquoise comme officier renseignement puis opérations dans le détachement du 1er RPIMa, sous les ordres du colonel Didier Tauzin, alias Thibaut.[7] Il est à Gikongoro dès le 24 juin :
Le même jour [24 juin] le lieutenant-colonel Joubert, alors officier opérations du « détachement Chimère », mène une reconnaissance aux lisières est de la forêt de Nyungwe. Ne rencontrant aucune difficulté, il poursuit en direction de Gikongoro.[8]

Il prend contact vraisemblablement avec les autorités, le préfet Bucyibaruta, le bourgmestre Semakwavu et le capitaine Sebuhura, organisateurs du génocide. L’entrée « officielle » des Français à Gikongoro ne se fait que le 27 juin.[9]

Michel Peyrard, journaliste à Paris-Match, aurait accompagné Joubert. En effet, Peyrard quitte Cyangugu le 24 juin en compagnie d’une patrouille commandée par deux lieutenants-colonels :

Le lendemain [24 juin], à l’aube, sur les indications de Priscille, nous découvrons, en compagnie d’une patrouille commandée par les lieutenants-colonels Collin et Jacque, douze sœurs de l’ordre de Saint- François réfugiées dans un couvent, à une douzaine de kilomètres du camp [de Nyarushishi]. [...]

La guerre. Elle est là, toute proche, 80 kilomètres tout au plus. Montant vers le front, nous dépassons des bataillons frais composés de toutes jeunes recrues qui se dirigent à pied vers la zone des combats.
Butare, la fringante préfecture du Sud, s’est transformée en ville de garnison.

Atmosphère de débâcle. Des soldats épuisés remontent à contrecœur vers des positions abandonnées, à bord de Jeeps souillées de sang et de boue. A la terrasse de l’hôtel Ibis, le colonel Munyengango commandant le secteur, écluse quelques bières en compagnie d’officiers désœuvrés. Le directeur de la Sûreté extérieure de l’État[10] qui se flatte d’avoir rencontré en novembre dernier à Paris son homologue de la D.G.S.E. ne se fait plus d’illusions : « Nous perdons du terrain. Je ne peux pas vous le cacher. Frappés par l’embargo, nous sommes à court de munitions. Nous ne pouvons pas contre-attaquer. Nous ne cessons de reculer. Mais nous ne nous battons pas seulement contre le F.P.R, nous sommes en guerre contre l’Ouganda, et l’armée ougandaise est puissante. » Incorrigible, le patron des services secrets rwandais n’entrevoit qu’une seule issue. « Si, par le plus grand hasard, Museweni [Museveni], le président ougandais, disparaissait politiquement ou physiquement, alors la guerre s’éteindrait d’elle-même. »[11]

Ces deux lieutenants-colonels Collin et Jacque viennent du camp de Nyarushishi. Ils sont donc du 1er RPIMa. Nous apprenons plus loin que le lieutenant-colonel Collin s’appelle en réalité Hervé Charpentier, il est l’adjoint du colonel Tauzin alias Thibaut, et nous présumons fort que le lieutenant-colonel Jacque s’appelle Étienne Joubert, officier de renseignement du 1er RPIMa.[12] Ils visitent une paroisse où a eu lieu un massacre puis partent vers Butare à 80 km de là.

Il est donc fort possible que Peyrard et le groupe de reconnaissance commandé par les lieutenants-colonels Charpentier et Joubert soient arrivés à Butare le soir du 24 juin, sinon le 25. Ils prennent contact avec l’état-major des FAR qui se trouve à l’hôtel Ibis. Le préfet Alphonse Nteziryayo y est installé, ainsi que le président des Interahamwe, Robert Kajuga,[13] ils y rencontrent le colonel Munyengango, commandant le secteur[14] et le directeur de la Sûreté extérieure de l’État qui serait, sauf erreur, le lieutenant-colonel Laurent Rutayisire.[15]

Le 1er juillet, le 1er RPIMa tente une opération sur Butare. À la nuit tombée, une patrouille commandée par le colonel Charpentier est accrochée par le FPR à Save, au nord de Butare. La voiture de tête transporte des frères maristes qui sont tués. Mais il ne faut pas dire que nos troupes d’élite utilisent des religieux comme boucliers humains. Charpentier, blessé, est évacué dans le Transall qui remmène pêle-mêle, blessés, religieuses et sans doute quelques ordonnateurs des massacres. C’est probablement pour cette raison qu’Étienne Joubert devient chef des opérations du détachement du 1er RPIMa.

Le 3 juillet, lors de l’évacuation d’orphelins et de religieux de Butare – et cela va sans dire de tous les tueurs qui n’avaient pas fui auparavant – un accrochage a lieu sur la route de Gikongoro. Le colonel Joubert fait à Bernard Lugan le récit suivant :

Je faisais partie du détachement d’arrière garde qui, à la sortie de Butare, a rencontré l’élément du FPR fort d’une vingtaine de combattants dont une majorité de jeunes garçons commandés par un adulte. Avec mon chauffeur, le caporal-chef Marie, je suis passé sur la route au moment où ils arrivaient et me suis arrêté 50 m plus loin pour attendre l’arrivée du groupe qui me suivait. À ce moment-là est arrivé le véhicule de la 2e compagnie toutes armes braquées sur eux et le chef de l’élément FPR a alors donné des ordres et ses hommes se sont écartés. Plusieurs centaines de mètres plus loin, ce véhicule s’est fait prendre à partie par un autre élément FPR, depuis les collines au Nord et a reçu une balle dans la boîte à gants. Les véhicules de la 3e compagnie qui suivaient sont passés ans problème.[16]

Nous savons qu’un élément FPR avait établi un barrage sur la route et a obligé les Français à leur livrer un membre des FAR qui se trouvait dans une de leur P4, ainsi que l’atteste une photo prise par le journaliste Sam Kiley.

Le colonel Didier Tauzin, alias Thibaut, est rappelé à Paris le 7 juillet. Il laisse le commandement du détachement du 1er RPIMa au colonel Joubert.[17]

Après 1994

Le 13 juillet 1996, le colonel Étienne Joubert est fait chevalier de la Légion d’honneur.
Le 11 mai 2009, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, soucieux de calmer l’ire d’officiers français accusés par le ministre rwandais de la Justice, suite au rapport Mucyo, de « complicité de génocide », promeut au rang d’officier de la Légion d’honneur sans traitement, le colonel Étienne, Jean, Alain Joubert, officier des transmissions.[18]

Chefs d’inculpation

Le colonel Étienne Joubert est un spécialiste de la guerre secrète, totale et impitoyable, une guerre où on ne distingue pas le civil du militaire et où on ne fait pas de prisonnier.
Il a entraîné des miliciens dans le parc de l’Akagera qui ont participé au génocide en 1994.

Au début de l’opération Turquoise il mène une reconnaissance à Gikongoro et jusqu’à Butare. Il prend contact avec les responsables du génocide. En particulier, il y organise le barrage contre le FPR avec le préfet Bucyibaruta et le bourgmestre Semakwavu, organisateurs des massacres, pour faire barrage au FPR qui, lui, sauve les derniers Tutsi et met en fuite les tueurs.

Avec les colonels Rosier et Tauzin, il est responsable de l’installation d’un camp français à l’école de Murambi, sur les fosses où ont été jeté de 20 à 50 000 cadavres de tutsi, exécutés le 21 avril.

Là, il collabore avec les auteurs du génocide.

Le colonel Étienne Joubert doit être mis en examen pour génocide, entente en vue de commettre un génocide, complicité de génocide, incitation publique et directe à commettre le génocide, crimes contre l’humanité, et violations graves de l’article 3 commun aux conventions de Genève et du protocole additionnel II, crimes prévus aux articles 2, 3, 4 du Statut du TPIR.


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