Samedi 4 juin 2011 à partir de 14h
Librairie La Brèche, 27 rue Taine, Paris

Rencontre organisée par le Groupe de Travail Afriques du NPA [GTA] le samedi 4 juin 2011

Rencontre autour du livre de Jacques Morel " La France au cœur du
Génocide des Tutsi"

Le Groupe de Travail Afriques (GTA) du NPA organise une rencontre le
samedi 4 juin 2011 à partir de 14 sur

« LE RÔLE DE LA FRANCE DANS LE GÉNOCIDE DES TUTSI AU RWANDA »

Avec Jacques MOREL , auteur du livre " La France au cœur du
Génocide des Tutsi"
(L’Esprit Frappeur/Izuba, 2010).

Raphaël Doridant coauteur du dernier ouvrage publié par Survie, « La complicité de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda », (L’Harmattan, 2009)

Lieu :

Librairie La Brèche, 27 rue Taine 75012 Paris Métro Dausmenil


La commission Afrique du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a voulu faire le point le 4 juin 2011 sur l’implication de la France dans le génocide des Tutsi en invitant Raphaël Doridant de l’association Survie, coauteur de « La complicité de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda. 15 ans après, 15 questions pour comprendre » et Jacques Morel, auteur de « La France au coeur du génocide des Tutsi », qui a présenté son analyse du rôle de la France par la commission Mucyo en juillet 2007 à Kigali.


Les deux orateurs avaient convenu de débattre sur la nature de l’implication de
la France.

Est-elle complice des auteurs du génocide comme le répète l’association Survie
depuis fin 1994, ou, plus grave, est-elle un des commanditaires du crime ?

Les deux exposés sont plus complémentaires que contradictoires. L’opposition
entre les thèses ne se révèle pas très grande, dépendant surtout des
documents pris en considération, notamment les archives provenant d’un fonds
Mitterrand.

Doridant, en un exposé très clair et synthétique, décrit comment la France a
soutenu ce régime qui préparait le génocide des Tutsi. Elle a soutenu le
gouvernement intérimaire rwandais pendant qu’il commettait le génocide. Elle a
poursuivi ce soutien pendant l’opération Turquoise. Elle a maintenu son
alliance avec les auteurs du génocide repliés au Zaïre en les réarmant.

Exhibant des preuves à l’appui de sa démonstration, Doridant cite certains
documents des archives de l’Élysée, notamment cette lettre du président
intérimaire rwandais Sindikubwabo du 22 mai 1994, où celui-ci remercie
Mitterrand de son aide « jusqu’à ce jour » et l’appelle à nouveau au secours.
Doridant souligne que c’est ce Sindikubwabo qui a déclenché les massacres les
plus atroces, ceux de la région de Butare. La réponse de Mitterrand sera
l’opération Turquoise sous couvert de l’ONU.

Le but de la France était, selon Morel, de contrôler les anciennes colonies
belges. Profitant des massacres qui révoltent certains milieux de l’ancienne
puissance coloniale et décident le gouvernement belge à retirer ses troupes,
envoyées en octobre 1990 suite à l’attaque du Front patriotique rwandais (FPR),
la France, en maintenant et développant sa coopération militaire, devient la
puissance tutélaire d’un régime qui n’hésite pas à massacrer une partie de son
propre peuple, les « Tutsi ».

Face à cette attaque du FPR, formé d’opposants et de rescapés des pogroms
anti-tutsi des années 60, les dirigeants français partagent l’objectif des
auteurs du génocide qui est d’empêcher « les forces tutsies » de, selon eux,
« reprendre le pouvoir perdu en 1959 » et de « remettre les Hutu en esclavage »,
ou de les « exterminer ». Dès lors, la France est partie prenante d’un
processus génocidaire, qui devient un plan de génocide après la débâcle de
l’armée rwandaise en février 1993, sauvée par l’intervention militaire secrète
de la France. Paris envisage alors le remplacement d’ Habyarimana et le recours
à d’autres moyens.

La tentative de transformer la force militaire Noroît en Casques bleus,
susceptibles de s’interposer devant le FPR, ayant échoué, il restait les
milices et l’auto-défense populaire qui, pour les stratèges parisiens,
pouvaient suppléer aux carences de l’armée gouvernementale. Le coup d’État des
6-8 avril 1994 ne serait pas le résultat d’un complot ourdi par l’épouse du
président et ses proches mais de militaires mis à la retraite, avec le colonel
Bagosora à leur tête et le soutien de la France.

Si les preuves concernant l’attentat du 6 avril manquent encore, quoiqu’il soit
certain que la boîte noire de l’avion abattu ait été récupérée par des
militaires français, le rôle de l’ambassadeur Marlaud ne laisse aucun doute sur
la responsabilité de la France dans le coup d’État qui déclenche le génocide.

Il ferme les yeux sur l’assassinat des partisans des accords de paix, dont le
Premier ministre, et s’entend le jour même avec le colonel Bagosora pour
former un gouvernement civil qui va orchestrer les massacres. L’intervention
Turquoise visera d’abord à sauver les assassins en déroute et de leur
permettre d’éradiquer les derniers Tutsi dans la « zone humanitaire sûre ».

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Lien vers le site du livre de Jacques Morel, La France au coeur du génocide : des Tutsi : http://www.izuba.info/francegenocide


Mis en ligne par :   Jacques Morel

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