Dossier :

Pierre Péan ! Ah, Pierre Péan ! L’inénarrable Péan…

Sa carrière commence avec les diamants de Giscard. À ce titre, il aura été, dès ses débuts, rien de moins que le « tombeur » d’un président. On comprend que le président suivant, François Mitterrand, bénéficiaire de cette splendide opération de désinformation moderne, lui en ait été reconnaissant. Pierre Péan était journaliste, il deviendra écrivain.

Pierre Péan, le grand déstabilisateur

• Bruno Boudiguet

Les diamants de Giscard

La meilleure façon de comprendre Pierre Péan, c’est d’examiner son œuvre. Remontant aux origines de sa carrière de « déstabilisateur », on rencontre la très fameuse affaire des diamants de Giscard d’Estaing, une « affaire » qui a indiscutablement coûté sa réélection à ce dernier. Bruno Boudiguet a exploré cette passionnante page d’histoire. Loin du Rwanda ? Non moins éclairant pour comprendre comment un « journaliste » peut remplir une fonction complexe – au delà de la désinformation.

• Benjamin Chevillard

« Tintin » au Gabon : Retour sur Affaires africaines

Le mercredi 19 octobre 1983 paraît Affaires africaines. Il s’agit d’un livre de 279 pages auxquelles s’ajoutent 54 pages de documents et une chronologie. Bien que son titre ne le laisse pas clairement entendre, l’enquête se focalise sur le Gabon, et sur les relations du sommet de l’État gabonais avec l’exécutif français et certains de ses réseaux politico-affairistes. Son auteur s’appelle Pierre Péan. Il a 45 ans. Il est journaliste ; proche du parti socialiste et pige pour Le Canard Enchaîné, Le Nouvel Économiste, Libération, L’Express et Le Monde. Affaires africaines est son sixième ouvrage et sa seconde parution chez celui qui deviendra son éditeur attitré : Claude Durand, des éditions Fayard. Péan rencontre ainsi son premier vrai succès de librairie, avec des ventes dépassant les 100 000 exemplaires. C’est sa consécration en tant qu’essayiste.

• Serge Farnel

Autopsie de Noires fureurs, blancs menteurs

Le livre de Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs, est particulièrement scandaleux. Insultant envers ceux qu’il appelle les « blancs menteurs » – ainsi qu’il qualifie les « droit-de-l’hommistes » qui se préoccupent de vérité et de justice –, il l’est également envers les Tutsi dans leur ensemble – ce pourquoi il a été poursuivi pour diffamation raciale devant la 17ème chambre correctionnelle de Paris. De manière générale, il tente d’asseoir les thèses négationnistes, ne reculant devant aucun moyen, sans complexes.

• Serge Farnel

Le monde selon P.

Dans l’ouvrage Le monde selon K., sorti aux éditions Fayard en janvier 2009, Péan consacre deux chapitres aux tribulations de Kouchner au Rwanda. Soixante dix pages au cours desquelles il se contente de recycler les vieilles ficelles qu’il utilisa, trois ans plus tôt, aux fins de bâtir un précédent ouvrage sur le Rwanda que l’auteur a pris soin d’analyser méthodiquement dans le chapitre : Autopsie de Noires fureurs, Blancs menteurs de la présente revue.

• Serge Farnel

La jurisprudence Péan

Serge Farnel a assisté aux trois journées du « procès Péan » au Palais de Justice de Paris, où l’on aura discuté de savoir si les Tutsi sont des menteurs… Le procureur demandera condamnation, mais le jugement prononcera finalement la relaxe. Ainsi, une telle affirmation ne serait pas considérée comme « raciste » par la justice française (sous réserve du verdict à venir de la Cour d’appel)… Ainsi, la défense de Pierre Péan aura pu reprendre à son compte – et étaler – tous les poncifs racistes-génocidaires rwandais, sans que la Cour ne s’en émeuve. Et nombre d’anciens ministres ou d’officiers supérieurs seront venus apporter leur soutien à la thèse du journaliste. Ainsi, plus de quatorze ans après le crime, la « complicité de génocide » dont sont accusées les autorités françaises n’avait pas pris une ride.

• Serge Farnel

Le tribunal et les quatorze Péans

Le 23 septembre 2008, Pierre Péan comparaissait à la barre de la 17ème chambre correctionnelle du Palais de Justice de Paris, suite à la plainte déposée, deux ans plus tôt, par l’association SOS Racisme. Les charges contenues dans la plainte : diffamation raciale et incitation à la discrimination raciale, ce, pour des écrits tirés de son ouvrage Noires fureurs, blancs menteurs et jugés diffamatoires à l’encontre des Tutsi. Parmi les phrases extraites de l’ouvrage de Péan et produites dans la plainte de l’association française, certaines sont des citations d’autres sources, que, selon les plaignants, l’auteur aurait reprises à son compte.

Exemple : « Dès leur plus tendre enfance, les jeunes Tutsi étaient initiés à la réserve, au mensonge, à la violence et à la médisance », ainsi que cette autre citation, qui considère la « race » des Tutsi comme étant « l’une des plus menteuses qui soit sous le soleil ».



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