Michel Robardey est au Rwanda depuis septembre 1990 en tant que conseiller technique en police judiciaire. Il est promu lieutenant colonel le 3 février 1992.

Il supervise le DAMI Gendarmerie.

Michel Robardey est au Rwanda depuis septembre 1990 en tant que conseiller technique en police judiciaire. Il est promu lieutenant colonel le 3 février 1992.

Il supervise le DAMI Gendarmerie.


Il est chargé en 1992 de réorganiser la section de recherche et de documentation criminelle (C.R.C.D.), c’est à dire le fichier central, un lieu de torture où sévissait le capitaine Simbikangwa. Michel Robardey a-t-il fait cesser la pratique de la torture ? Ses prédécesseurs ne la condamnaient pas. Il déclare qu’il a appris aux Rwandais à ne pas exécuter leurs prisonniers mais à les interroger. Il dit avoir sauvé ainsi « une quinzaine de Tutsi ».

Il informatise des fichiers du CRCD.

Il est chargé de mettre en place une section de recherche en vue de lutter contre les actions de terrorisme. Il est responsable d’une formation d’officier de police judiciaire. Mais le général Jean Varret constate que cette formation a été un échec, car les enquêtes faites par la gendarmerie « consistaient, dit-il, à pourchasser les Tutsis ».

Le rapport intitulé « Étude sur le terrorisme au Rwanda depuis 1990 » est rédigée par le DAMI P.J.-C.R.C.D. donc probablement par Robardey. Le FPR est désigné sans preuve sérieuse comme auteur de tous les attentats. Ces conclusions sont contredites par l’ambassadeur Martres qui estime que la formation OPJ n’a pas permis de progrès dans l’élucidation des attentats. Une note de la DGSE affirme que plusieurs attentats ont comme commanditaires des proches du président qui veulent discréditer le gouvernement multipartite.

Michel Robardey excelle surtout dans le domaine de l’action psychologique. Son but est de traquer « l’ennemi intérieur » qui n’est rien d’autre que « le grand éléphant tutsi ». Il fait la chasse aux soldats du FPR infiltrés. Il s’oppose aux « Tutsis avides de pouvoir ». Il semble clair pour lui que tout Tutsi est un infiltré du FPR. Robardey partage donc l’idéologie des génocidaires.

En 1993, il part en guerre contre la Commission internationale d’enquête qui publie son rapport en mars. Il collecte des informations sur « les terribles exactions auxquelles se livrent les Inkotanyi depuis le 8 février » et les envoie à l’étranger. Il prétend que le système d’écoutes des communications du FPR, mis en place par les Français, a permis de démontrer l’implication directe de l’armée ougandaise aux côtés du FPR.
Il déclare avoir participé aux négociations d’Arusha en juin 1993, dans la délégation française.

Au final, on s’interroge sur son action au sein de la gendarmerie rwandaise, car le général Dallaire prenant ses fonctions fin 1993 estime après enquête qu’une partie des gendarmes ne sont « rien d’autre que des criminels en uniforme ». Il quitte le Rwanda en septembre 1993. Mais on peut se demander s’il n’y est pas revenu.
Michel Robardey partage l’idéologie anti-tutsi des génocidaires. Il a contribué à la préparation du génocide. Il a notamment couvert les massacres du Bugesera.

Les faits sur lesquels il peut être incriminé datant d’avant 1994, on ne peut l’accuser de génocide.


Pour plus d’informations (sources, documents), voir l’article de Jacques Morel Portraits des 9 militaires français ayant porté plainte contre La Nuit Rwandaise

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