Ancien du 1er RPIMa, le lieutenant-colonel Jean-Jacques Maurin est nommé adjoint de l’attaché de Défense, conseiller du chef d’état-major des FAR le 24 avril 1992. Il occupe toujours les mêmes fonctions en avril 1994.
Il est très lié avec le colonel Serubuga, chef d’état-major adjoint des FAR jusqu’au 9 juin 1992.

Ancien du 1er RPIMa, le lieutenant-colonel Jean-Jacques Maurin est nommé adjoint de l’attaché de Défense, conseiller du chef d’état-major des FAR le 24 avril 1992. Il occupe toujours les mêmes fonctions en avril 1994.
Il est très lié avec le colonel Serubuga, chef d’état-major adjoint des FAR jusqu’au 9 juin 1992.


Celui-ci envisageait déjà fin 1990 d’éliminer les Tutsi. L’ambassadeur Martres rapporte que :

« le colonel Serubuga chef d’état-major adjoint de l’armée rwandaise, s’était réjoui de l’attaque du FPR, qui servirait de justification aux massacres des Tutsis. »

C’est Serubuga qui déclenche les massacres de janvier 1991.

Maurin a probablement gardé des liens avec Serubuga qui ne pardonnera pas sa mise à la retraite au président Habyarimana. Depuis, Maurin conseille le colonel Deogratias Nsabimana, qui sera tué dans l’attentat contre l’avion du président. C’est lui qui commande en fait l’armée rwandaise. Il reçoit toutes les notes des services de renseignement. Il organise une compagnie de renseignement à partir du peloton CRAP, des groupes RASURA et des services d’écoute.

Avec le retrait de l’opération Noroît en décembre 1993, c’est lui qui commande les DAMI restés secrètement au Rwanda. Il est responsable de l’entraînement que ceux-ci donnent aux miliciens. Il rencontre en février 1994 à l’hôtel de l’Akagera le colonel Lallemand (ou capitaine) du 1er RPIMa, affecté au Burundi, venu « en touriste » au Rwanda, et le colonel Bagosora.

Le colonel Bagosora confie au juge Bruguière qu’il avait « une coopération très serrée » avec le lieutenant-colonel Maurin, « nous étions des camarades », ajoute-t-il.

Etant donné sa proximité avec les colonels Serubuga et Bagosora, accusés d’avoir organisé le coup d’État contre Habyarimana, et étant donné qu’il avait la haute main sur les services de renseignement, Maurin est nécessairement très informé sur l’attentat qui a causé la mort du président rwandais et déclenché le génocide.

Il vient d’ailleurs à l’EM-FAR dans la nuit du 6 au 7 avril. En coordination avec le commandant de Saint-Quentin il fait fouiller les débris de l’avion abattu. On n’entendra jamais parler des résultats de leur enquête. Ils ont certainement récupéré les enregistreurs de vol (la boîte noire) et les débris du missile qui a abattu l’avion.
Le 7 avril, il prétend que le bataillon FPR sort de son cantonnement à 5 h du matin, ce qui est faux. Il laisse les militaires rwandais attaquer les Casques-bleus notamment avec des blindés fournis par la France.

Avec l’ambassadeur Marlaud, il rencontre dans l’après-midi le colonel Bagosora qui apparaît comme l’organisateur du coup d’État. Ils lui auraient demandé de faire cesser les massacres. Ceux-ci n’ayant pas cessé, il est plus vraisemblable qu’ils ont convenus avec lui des modalités de formation d’un gouvernement intérimaire que sera mis sur pied dès le lendemain soir.

L’attaché militaire le colonel Cussac étant absent, c’est le colonel Maurin qui discute avec les FAR des modalités de l’opération Amaryllis, en particulier du déblocage de la piste pour que les avions français puissent atterrir.

Le 9 avril 1994, il est commandant de l’opération Amaryllis. Il est donc responsable de la remise aux FAR d’armes et de munitions transportées par un des avions français. Connaissant beaucoup mieux le Rwanda que le colonel Poncet, qui lui succède au commandement de cette opération, il est responsable avec l’ambassadeur Marlaud des évacuations très sélectives, en particulier de l’abandon du négociateur des accords d’Arusha, Boniface Ngulinzira et des orphelins de Marc Vaiter, que Bernard Kouchner, envoyé par l’Élysée, voudra évacuer en mai.

Il commande le détachement spécialisé COS qui reste le 12 avril, après le départ d’Amaryllis. Il dit partir le 14 avril. Il accuse les Belges d’avoir empêché par des tirs le décollage du dernier avion français.

Nous ne savons pas s’il est revenu au Rwanda pendant le génocide.
Le lieutenant-colonel Maurin est nommé conseiller d’Ange Patassé à Bangui en octobre 1994. Il est colonel de réserve le 5 octobre 1998.

Il est promu officier de la Légion d’honneur avec traitement le 11 mai 2009.

Le lieutenant-colonel Maurin était informé du projet de génocide, il a participé à sa préparation en supervisant les DAMI et en collaborant étroitement avec deux militaires extrémistes notoires, les colonels Serubuga et Bagosora. Il est impliqué dans le coup d’État contre le président Habyarimana, qui déclenche le génocide. Fort de son expérience du Rwanda depuis 1992 et de son contrôle des services de renseignement militaires rwandais, il sait que le génocide des Tutsi est déclenché. Attaché de défense par intérim et commandant de l’opération Amaryllis, le 9 avril, il ne fait rien pour empêcher les massacres. Il n’ordonne pas aux militaires français de les faire cesser. Au contraire il collabore avec les unités de l’armée rwandaise qui sont les premières à tuer. Il les ravitaille en armes. Il s’entend avec le colonel Bagosora pour mettre en place un gouvernement civil extrémiste qui ne respecte pas les Accords d’Arusha.

Le lieutenant-colonel Maurin doit être mis en examen pour génocide et entente en vue de commettre un génocide.


Pour plus d’informations (sources, documents), voir l’article de Jacques Morel Portraits des 9 militaires français ayant porté plainte contre La Nuit Rwandaise

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