Jacques Rosier est chef de corps du 1er RPIMa de 1990 à 1992. Il commande l’opération Noroît, y compris le DAMI, de juin à novembre 1992. En 1994, il est chef « opérations » de l’état-major du COS à Taverny. À ce titre il est responsable des éléments COS certainement restés au Rwanda pendant le génocide ou venus en précurseurs avant l’opération Turquoise.

Jacques Rosier est chef de corps du 1er RPIMa de 1990 à 1992. Il commande l’opération Noroît, y compris le DAMI, de juin à novembre 1992. En 1994, il est chef « opérations » de l’état-major du COS à Taverny. À ce titre il est responsable des éléments COS certainement restés au Rwanda pendant le génocide ou venus en précurseurs avant l’opération Turquoise.


Lors de l’opération Turquoise, il commande le groupement COS, première unité arrivée au Rwanda.

Sa mission est clairement de faire barrage au FPR aux côtés des auteurs du génocide, sous couvert d’une mission humanitaire. Il a une rencontre secrète le 24 juin avec deux ministres du GIR, dont il conclut que le FPR ayant perdu toute base politique, du fait de l’extermination des Tutsi et des « hommes de paille », il suffirait de donner un coup d’arrêt à son offensive pour anéantir sa stratégie de prise du pouvoir.
Il refuse de démanteler les barrières. Il déclare le 27 juin : « Les miliciens font la guerre. Par souci de neutralité, nous n’avons pas à intervenir. Sinon, demain, s’il y a des infiltrations de rebelles, on nous fera porter le chapeau. » Ils laisse donc les FAR et les miliciens éliminer les Tutsi restants.

Le 27 juin, alors que le groupe Duval sous ses ordres vient de rencontrer des survivants tutsi, traqués à Bisesero, il laisse entendre aux journalistes que ce sont des éléments avancés de l’offensive du FPR visant à couper en deux la zone gouvernementale.

Soucieux d’empêcher les miliciens d’attaquer le camp de Nyarushishi que la France s’est engagée à protéger, il les fait acheminer de Cyangugu vers Bisesero pour éliminer au plus vite les derniers Tutsi survivants.

Si des journalistes n’avaient pas été là, leur extermination aurait été totale. Au minimum 1 000 Tutsi ont été tués ainsi devant les Français.

Le 4 juillet, Paris lui donne le feu vert pour faire barrage au FPR à Gikongoro. Les militaires français s’installent alors à l’école de Murambi et y établissent un camp où ils entassent bourreaux et victimes sur les lieux du massacre du 21 avril que l’armée française cachera. Jusqu’à la fin de l’opération Turquoise ils collaboreront avec les auteurs des massacres.

Le colonel Rosier a coopéré avec les auteurs du génocide et a donné l’ordre à ses subordonnés de faire de même. Il a laissé continuer le génocide au prétexte d’éliminer les infiltrés du FPR. Plusieurs témoins ont vu des soldats français abandonner des Tutsi aux tueurs. Certains même ont été largués depuis des hélicoptères. Il a stoppé l’offensive du FPR dans le Sud-Ouest. Il n’a pas désarmé les tueurs, il ne les a pas arrêtés. En particulier, il n’a pas arrêté les ministres et le président du gouvernement intérimaire qui sont passés par la zone humanitaire. Alors qu’il contrôlait la zone, les tueurs ont été ravitaillés en armes et munitions.

Le colonel Rosier doit être mis en examen pour génocide.


Pour plus d’informations (sources, documents), voir l’article de Jacques Morel Portraits des 9 militaires français ayant porté plainte contre La Nuit Rwandaise

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