Michel Sitbon

Il y a 20 ans, la BNP et la guerre généralisée

Flash-back. Ci-dessous un article publié dans le dernier numéro (26/27) de Maintenant la lettre, en juin 1999. Où l’on apprenait comment la BNP finançait le génocide, et comment les forces génocidaires étaient toujours soutenues, au risque d’une nouvelle catastrophe.

C’était il y a vingt ans, les génocidaires se déployaient en Afrique, intervenant bien sûr au Burundi, où ils finiront par installer Nkurunziza, mais aussi dans l’armée de Kabila, en RDC, comme dans celle de Jonas Savimbi en Angola, et au Centrafrique, et ailleurs, partout, en véritables forces supplétives françafricaines.

On apprenait à l’époque comment Védrine faisait obstacle à une enquête de l’Onu sur l’approvisionnement en armes de ces forces criminelles.

Et comment, en juin 1994, alors que les génocidaires se repliaient en bon ordre au Zaïre, avec la bénédiction de Mobutu et sous protection de l’armée française, leur patron, Théoneste Bagosora, prenait le temps d’un voyage aux Seychelles pour y rencontrer un marchand d’armes sud-africain et faire l’acquisition de 80 tonnes d’armes légères, payées par un compte suisse alimenté par l’agence BNP de la Place des Ternes, à Paris, la banque du génocide. Ces armes, qui allaient servir pour les guerres africaines à venir, étaient alors destinée à la « reconquête » du Rwanda et à l’extermination des Tutsi.

« À la première guerre, ça n’est la faute de personne ;
à la deuxième guerre, ce doit être la faute de quelqu’un ;
la troisième guerre, c’est ma faute à moi,
et ma faute à moi, tout le monde la voit.
 »
Boulat Okoudjava

Alors qu’en France on s’occupe d’enterrer l’enquête de la mission d’information parlementaire, que se passe-t-il au Rwanda, cinq ans après le génocide ? Les rapports d’une commission d’enquête de l’ONU, trouvables sur Internet, permettent de se faire une idée de la question.

Les chemins de la vérité sont, aujourd’hui, d’un étrange ésotérisme. Connectez-vous à l’Internet et tapez l’adresse suivante : http://www.un.org, vous arriverez sur le site des Nations unies. Ne vous découragez pas. Pour la facilité de l’entendement, vous pourrez choisir la version en français. Apparaîtront alors une multitude de sous-dossiers. Aussi curieux que cela puisse sembler, vous devrez choisir alors parmi les lettres que le secrétaire général de l’ONU adresse au président du Conseil de sécurité du même organisme (secrétaire général s’écrit SG).

Cliquez alors sur le document S/1998/777, pour le rapport intérimaire datant d’août 1998. Ou sur la référence S/1998/196 pour la rapport final daté, lui, du 18 novembre 1998. L’objet de cette commission d’enquête était de collecter les informations quant à la vente, l’approvisionnement et le transport d’armes et de munitions à destination aujourd’hui de l’armée et des milices de l’ancien gouvernement rwandais (soit les auteurs du génocide de 1994), en violation de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité.

Les enquêteurs rapporteurs sont·quatre. Un Égyptien, un Pakistanais, un Suisse et un Américain. Ils ont commencé leurs travaux en 1995-1996.

Puis, après dix-neuf mois d’interruption, les ont repris, à la demande du Conseil de sécurité, en 1998. L’honnêteté de leur travail et la rigueur de leur méthode mérite d’être saluée, surtout au regard des nombreux travaux similaires dont les arrières pensées politiques ont systématiquement empêché de donner une image exacte de la situation.

Le rapport final date donc de 1998. Il est toujours d’actualité. Mais il semblerait que personne ne soit vraiment intéressé à le prendre en compte. Leur conclusion est pourtant alarmante :

« La situation dans la région des grands lacs se dirige rapidement vers une catastrophe aux conséquences incalculables qui réclament une action urgente et décidée de la communauté internationale. Le danger de la répétition d’une tragédie comparable au génocide de 1994, mais cette fois à une échelle régionale ne peut pas être écartée. »

Avant d’en arriver à cette conclusion, ils ont beaucoup voyagé, à travers tous les pays africains concernés, et aussi dans quelques pays européens.

Ils n’ont toutefois pas pu visiter quelques pays hostiles à leur démarche et ont été reçus froidement dans d’autres. Certains n’ont même pas daigné répondre à leurs questions, au premier rang desquels il faut noter la France.

Le 13 août 1998, le président de la commission a adressé une lettre au ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, pour lui demander si le gouvernement français était au courant des résultats de l’enquête menée par le ministère de la Justice suisse concernant la BNP et le marchand d’armes sud-africain Willem Ehlers (ainsi que détaillés dans le rapport S/1998/63, paragraphes 16 à 27, trouvable également sur Internet). La commission demandait de plus si le gouvernement français avait ouvert une enquête sur ces faits. Le 18 novembre, soit plus de trois mois plus tard, à la remise de son rapport, la commission n’avait toujours pas reçu de réponse d’Hubert Védrine.

Nous sommes donc allés chercher ce rapport S/1998/63, pour y lire plus particulièrement les paragraphes 16 à 27. Ceux-ci détaillent un voyage de Théoneste Bagosora, celui qu’on appelle le « cerveau » du génocide, son chef, en juin 1994.

Ce voyage de Bagosora en compagnie du marchand d’armes sud-africain Willem Ehlers avait pour destination les Seychelles. Il s’agissait d’acheter là quatre-vingt tonnes d’armes légères afin de terminer le génocide.

Les rapporteurs de la commission d’enquête de l’ONU étaient sur la piste de ces livraisons d’armes depuis leurs investigations de 1996. Ils avaient alors trouvé la trace du paiement de ces armes par l’UBP (Union bancaire privée), à Genève. Ayant demandé des explications au gouvernement suisse, celui-ci a ouvert une enquête.

La conclusion de cette enquête est que les fonds en question, débloqués en deux virements en date des 14 et 16 juin 1994, d’un montant de 592 784 dollars et de 734 099 dollars (soit un total de plus de un million trois cents mille dollars), provenaient de la Banque nationale de Paris (BNP), à Paris.

On discute depuis 1994 de savoir à quel degré la France a été complice non seulement de la préparation mais de l’exécution du génocide rwandais. On disposait jusqu’à présent d’un rapport de mission d’un officier supérieur rwandais, le lieutenant-colonel Rwabalinda, relatant ses entretiens à Paris, en mai 1994, pendant le génocide, avec le général Huchon à l’Élysée.

On savait de plus que le gouvernement génocidaire s’était constitué, dans les jours qui suivirent l’attentat contre Juvénal Habyarimana, dans les locaux de l’ambassade de France. De nombreuses indications permettaient de penser que cet attentat déclencheur du génocide avait été commandité par l’Élysée. Il y avait aussi des témoignages selon lesquels la logistique française avait servi à acheminer des armes aux forces génocidaires pendant le génocide. C’était beaucoup. Mais on manquait de preuves, au sens strict, d’une implication directe française pendant le génocide. Maintenant on l’a.

Que cache Hubert Védrine à l’ONU ?

Notons à ce sujet que ces rapports de la commission de l’ONU ont été publiés avant que la mission d’information de M. Quilès, dont c’était l’objet, ne remette le sien, de rapport. La mission d’information du Parlement français n’a même pas évoqué ces intéressants « détails » qui établissent que la France participait encore en juin 1994 à l’armement de ceux qui procédaient au génocide, à l’heure où le gouvernement français lui-même reconnaissait qu’un génocide était en cours au Rwanda.

Notons également que M. Védrine, qui était à l’époque un des principaux adjoints de François Mitterrand, non content de faire aujourd’hui l’apologie de la politique qui a permis le génocide rwandais, refuse de collaborer aux enquêtes officielles de l’ONU concernant les responsabilités de la France. M. Védrine est l’actuel ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Lionel Jospin.

C’est lui qui représente la France dans le monde. La moindre des choses serait que M. Védrine démissionne.

Mais les rapports de la commission d’enquête de l’ONU ne sont pas seulement intéressants pour éclairer décisivement cette page d’histoire, et accessoirement la médiocrité du travail de la mission d’information française. Ils mettent également en lumière la situation actuelle dans la région des Grands Lacs.

Comment, particulièrement depuis la rupture entre Kabila et Kigali, les ex-FAR et Interahamwe connaissent un regain d’activité et de soutiens. Engagés dans la lutte contre l’opposition congolaise soutenue par le Rwanda et l’Ouganda, les ex-FAR ont été embauchées à tous les niveaux de l’armée de Kabila. Augustin Bizimungu, chef d’état-major des FAR, et considéré à ce titre comme un des principaux responsables du génocide de 1994, est aujourd’hui dans l’état-major de Kabila, ainsi que nombre de ses officiers supérieurs.

les génocideurs font leurs courses

Félicien Kabuga, le propriétaire de Radio Mille Collines, responsable aussi de l’achat d’importants stocks de machettes avant le génocide, a été identifié comme participant à un voyage d’achats d’armes en Asie, en août dernier.

Les rapporteurs de l’ONU ont pu faire état, entre autres, de livraisons d’armes transitant par l’Afrique du Sud d’une valeur de 2 millions de dollars. De nombreuses autres sources attestent d’un flux d’armes continu à destination des ex­ FAR, en provenance d’Europe de l’Est ou d’Asie.

Deux compagnies aériennes bulgares ont été identifiées pour mettre au service de ce trafic leurs avions-cargos. Le gouvernement bulgare, comme le gouvernement français, a refusé de répondre aux demandes des enquêteurs de l’ONU. Des aéroports belges sont cités comme lieux de transit de ces avions.

Des camps d’entraînement qui prolifèrent

Les ex-FAR recrutent à tour de bras et disposent de camps d’entraînement au Centrafrique, en Tanzanie, au Soudan et au Congo. Ces troupes sont considérées par les rapporteurs de l’ONU comme « les plus violentes, bien armées, bien organisées et dangereuses » des diverses armées combattant de façon plus ou moins anarchique dans la région.

Elles combattent actuellement principalement au Congo, mais également dans cinq autres pays : au Burundi, où elles sont associées aux forces extrémistes hutus burundaises ; en Ouganda, où elles soutiennent les petits groupes d’opposition armée subsistant dans ce pays ; plus sérieusement, au Soudan, où elles appuient le régime dans sa lutte contre l’opposition armée des démocrates, principalement dans le sud du pays ; en Angola, où elles sont associées à l’Unita de Jonas Savimbi (qui a relancé la guerre civile à grande échelle ces derniers mois) ; au Congo-Brazzaville, où elles soutiennent le régime de Sassou Nguesso, qu’elles ont aidé à mettre en place précédemment.

Ainsi, cette armée, formée par la France de 1990 à 1994, s’avère beaucoup plus performance qu’on ne l’avait cru tout d’abord, au vu de ses piètres résultats face au FPR. Elle permet aujourd’hui à la Françafrique de mener des guerres sur pas moins de six fronts simultanément, et cette fois, semble-t-il, sans bourse délier.

Financement et trafics de drogues

Car un des aspects intéressants de ces rapports onusiens est qu’ils soulignent l’importance du trafic de drogues pour l’autofinancement des ex FAR. Ces drogues proviennent d’Asie aussi bien que d’Amérique latine, et s’écoulent aussi bien en Amérique du Sud qu’en Europe.

Les aéroports belges qui permettent de faire transiter des armes en toute impunité pourraient bien servir à faire venir des drogues par le même chemin.

À ce sujet, notons que les FAR ne font que prendre le relai de l’armée française, qui se serait abondamment livrée à ce trafic lorsqu’elle était au Rwanda chargée d’assister les FAR contre le FPR.

On trouve également sur internet une dépêche de l’Observatoire géopolitique des drogues datant d’avant le génocide de 1994, dans laquelle le correspondant de cet organisme au Rwanda relate comment lorsqu’il s’inquiétait de l’impunité des nombreux militaires français manifestement impliqués dans le trafic de drogues, il se voyait répondre par les autorités rwandaises :

« Comment voulez-vous qu’on s’en prenne à ceux qui viennent nous aider ? »

Quant à la charge financière de cette nouvelle guerre des Grands Lacs pour le contribuable français, il ne faudrait toutefois pas sous-estimer des informations comme celles en provenance du Zimbabwe, lourdement engagé dans cette guerre aux côtés de Kabila, où le gouvernement, lorsqu’il est critiqué par son opposition pour le coût que cette guerre fait supporter à ce pays pauvre, déclare que cette charge est supportée par la France.

Puisque Maintenant la lettre s’est toujours intéressé aux traitements approximatifs de l’information par les médias français, il peut être opportun de relever l’article du 13 janvier [1999] dans Le Monde consacré précisément aux problèmes de financement de la guerre par le Zimbabwe.

Cet article est opportunément paru, sur une pleine page, juste après que ce scandale eut éclaté au Zimbabwe.

Le journaliste, qui se complaît à décrire toutes sortes de petits trafics, n’a pas trouvé pour autant nécessaire de signaler ce qui avait provoqué son enquête : son financement serait français, au dire du gouvernement zimbabwéen lui-même !

Rapprochement avec la Libye

Quant aux dépenses relevant du budget néocolonial français, on a pu voir également comment l’engagement de l’armée tchadienne dans la guerre congolaise est soutenue par la France. À noter toutefois que au Zimbabwe comme au Tchad on parle aussi de financements libyens.

La France et la Libye de Kadhafi semblent effectivement filer le parfait amour cette saison. Quant aux curieux traitements de l’information, on peut relever de même à quel point ce revirement historique est passé totalement sous silence dans la presse française.

Bien qu’il s’agisse d’un véritable succès diplomatique, c’est rigoureusement impossible puisque d’en parler supposerait d’évoquer les actuelles turpitudes de la politique interventionniste française en Afrique. Le souvenir des interventions de l’armée française au Tchad contre l’armée libyenne, les opérations Manta et Épervier qui restent parmi les grandes fiertés de l’armée néocoloniale, est aujourd’hui perdu, enfoui profondément dans les sables géostratégiques.

Mais toutes ces considérations peuvent sembler légères au regard du fait dramatique souligné par les rapporteurs de l’ONU : les ex-FAR et Interahamwe disposent aujourd’hui d’une force de feu considérable. Loin d’avoir perdu de leur force, elles se sont aguerries, elles ont recruté, elles ont amélioré à tous points de vue leur fonctionnement.

Leur ambition est, plus que jamais, la « reconquête » du Rwanda, et de régler dans la foulée « définitivement le problème Hutu Tutsi au Burundi », ainsi que l’atteste un de leurs documents internes publié par les rapporteurs de l’ONU.

L’espoir d’une reconquête

Selon les informations recueillies par la commission d’enquête onusienne, les ex-FAR et Interahamwe auraient réintroduit au Rwanda 10 à 15 000 hommes, dont l’action terroriste, contre des civils ou des patrouilles de l’armée de Kigali, est permanente et se développe dans une demi-douzaine de préfectures du pays. Les rapporteurs notent également une intensification de leur propagande, non moins génocidaire aujourd’hui qu’hier.

Ces forces disposent de tels moyens en Tanzanie que la perspective d’un véritable jugement de leurs chefs pour crime contre l’humanité peut raisonnablement sembler illusoire : Arusha est en Tanzanie. Rien de plus facile que de faire évader les accusés en attente de jugement ou les condamnés encore détenus dans ce pays, à tout moment. Ce n’est pour elles qu’une question d’opportunité politique à apprécier.

Ainsi, nous sommes face à la perspective que non seulement la justice ne se fasse pas, mais éventuellement que le crime se reproduise, et à une échelle imprévisible. Et cette fois encore avec la bénédiction de l’Élysée et de Matignon.

Simultanément, l’horrible guerre au Sierra Leone est appuyée par Charles Taylor, à partir du Liberia. Charles Taylor, soutenu depuis toujours par les réseaux françafricains à partir de Côte-d’Ivoire, était reçu à bras ouverts à Paris il y a trois mois. Même Le Monde reconnaissait alors que la France a toujours soutenu son action. Rappelons que Charles Taylor est l’homme qui a mis son pays à feu et à sang avant de parvenir à y conquérir le pouvoir. Comme le tentent ses disciples du Sierra Leone aujourd’hui.

Les visées de l’empire francophone

Après l’intervention sénégalaise en Guinée Bissau, il suffit de regarder une carte pour constater que la « francophonie » avance : remontant vers le nord à partir de la Côte d’Ivoire, à travers le Liberia, au Sierra Leone, et descendant vers le sud à partir du Sénégal – bientôt ces deux perles de l’empire pourront se rejoindre.

Au Sierra Leone comme au Rwanda, l’arme de prédilection des supplétifs de l’armée coloniale française est la machette. Pour son effet « psychologique ».

Encore une fois, les apprentis sorciers de la Françafrique jouent avec le feu en bénéficiant de la plus grande complaisance des médias et des partis politiques français.

Si demain leur politique du pire devait triompher dans la région des Grands Lacs, la honte collective du peuple français, sa faute, sera sans remède.

1) En Angola le jeu des alliances a mené à ce paradoxe qui veut que l’Unita soit appuyée aujourd’hui par le Rwanda et l’Ouganda, du fait de l’engagement massif de l’armée adverse de Luanda aux côtés de Kabila… Ainsi, indirectement, Kigali est amené à soutenir y compris des ex-FAR...

2) La question de l’engagement français pour assurer la logistique tchadienne est examinée dans le dernier chapitre d’Un génocide sur la conscience, chez l’Esprit frappeur, 15 francs.

Mis en ligne par Michel Sitbon
 4/03/2020

N°11 • Vol1

La Nuit rwandaise 11 - Volume 1 - 2020 ISBN : 979-10-93440-32-3 EAN : 9791093440323 10 euros LE TARTUFFE OU L’IMPOSTEUR / ARCHIVES & TÉMOIGNAGES / LES FAITS SONT TÊTUS / DOCUMENTS / NEGATIONNISME ET EGLISE
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