Bruno Boudiguet

ETO / NYANZA-KICUKIRO : « il pleuvait des balles et des grenades »

Massacre de masse n°1/70

SIMUSIGA
le génocide à l’arme de guerre
contre les Tutsi Rwandais

ETO / NYANZA-KICUKIRO :
« il pleuvait des balles
et des grenades »

Massacre de masse n°1/70

Lieu

ETO (École technique officielle Don Bosco), appartenant à l’église catholique et dirigé par les Pères Salésiens et en partie financée par un projet de coopération belge, dans le quartier de Nyanza-Kicukiro (partie sud-est de Kigali – à ne pas confondre avec Nyanza l’ancienne capitale royale, dans l’ex-préfecture de Butare au sud du pays), aujourd’hui l’école a été rebaptisée Integrated Polytechnic Regional College (IPRC) et forme aux métiers de la mécanique, de l’électricité, de l’électronique, de l’ingénierie civile. Après l’abandon des Casques bleus belges, et un premier massacre à l’école, les survivants sont dirigés vers l’entreprise Sonatubes (matériaux de construction). Ils sont escortés par les soldats et les miliciens vers la colline de Nyanza, lieu du massacre final.

Date

11 avril 1994

Nombre de tués pendant les attaques

Entre 2000 et 5000 personnes selon les sources. Le journal Le Monde parle de 2000 personnes à l’ETO. Il semble y avoir des personnes regroupées à l’entreprise Sonatubes, rejointes de manière forcée par la très grande majorité des réfugiés de l’ETO. Ce qui pourrait expliquer le chiffre global qu’avance le New Times pour englober aussi le massacre final du Mont Nyanza.

Nombre de survivants

Un certain nombre de réfugiés, peut-être quelques dizaines, ont pu s’échapper lors de l’attaque contre l’ETO et atteindre la zone FPR. De plus, Le Monde a dénombré, après le massacre final au mont Nyanza, 80 rescapés. On pourrait faire une estimation de 5 % de rescapés.

Nombre de victimes reposant dans le mémorial

11 000

Citation d’armes de guerre utilisées

Augustin Ngendandumwe, réfugié à l’ETO, témoignant pour African Rights : « Les Interahamwe ont attaqué comme une division armée. Ils surveillaient toutes les routes, tous les chemins, le moindre trou dans les clôtures ; en d’autres termes, toutes les issues possibles. Ils sont arrivés en tirant. »

Ernestine Gasibirege (témoignage recueilli en 2000 par African Rights) : « Ceux qui avaient des fusils et des grenades ont pris position sur le talus tandis que ceux qui étaient armés de machettes et de gourdins prenaient position en-dessous. Ensemble, ils formaient une ceinture autour de nous. Quelques minutes plus tard, le “travail” a commencé. Ils ont commencé à tirer sur nous et les grenades ne cessaient de pleuvoir. Après avoir épuisé les grenades et les balles, les tueurs ont employé́ les armes blanches pour achever ceux qui n’étaient pas complètement morts. Ils les dépeçaient à la machette, les achevaient au gourdin, à la lance ou avec d’autres armes traditionnelles.  »

Contexte

Dès les minutes qui suivirent l’attentat contre l’avion du président Habyarimana, abattu de deux tirs de missile le 6 avril 1994 peu avant 20h30, des violences orchestrées par l’appareil génocidaire (miliciens, militaires, policiers et politiciens du régime) mettent Kigali à feu et à sang.

Les membres hutu de l’opposition sont particulièrement visés les premiers jours : la Première Ministre Agathe Uwilingyimana est assassinée le 7 avril. Très vite, les Tutsi comprennent qu’ils sont la cible principale des auteurs du coup d’État.

Ils sont la cible de violences, de pillages et d’assassinats. Les habitants tutsi de Nyanza-Kicukiro cherchent donc naturellement à se réfugier à l’ETO, là où précisément une petite centaine de Casques bleus belges sont stationnés.

Formant deux pelotons d’un régiment de type para-commando, ils étaient les mieux entraînés et équipés parmi les différentes nationalités composant la force de l’ONU appelée Minuar - 2 300 hommes arrivés en octobre 1993 pour aider à l’application de l’accord de paix d’Arusha signé en août de la même année).

Mais un événement marquant va précipiter leur départ : l’assassinat de dix de leurs collègues, le 7 avril.

LE DÉROULEMENT DES MASSACRES

African Rights est la seule organisation à avoir fait un travail en profondeur sur ce qui s’est passé à l’ETO : un rapport de 140 pages qui fourmille de témoignages dont nous sommes tributaires ici.

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L’arrivée

Vénuste Karasira témoigne dans Le Monde en 2019 :

« Dans les rues, la haine était à son paroxysme, raconte-t-il. Il y avait des coups de feu en permanence, des maisons brûlaient. La situation s’aggravait de minute en minute et la Radio des Mille Collines encourageait les meurtres en disant : “Allez les gars, massacrez les Tutsi, il ne doit en rester aucun !” J’habite à 800 mètres d’ici et j’ai mis une heure trente pour venir, à cause des barrages que j’ai contournés prudemment avec ma femme et mes trois enfants. »

Florence Mukakabanda a raconté à African Rights qu’elle et sa famille avaient décidé de fuir leur foyer en entendant des coups de feu chez leurs voisins. Ils ont mis une journée entière pour atteindre l’ETO.

Mais l’accueil des réfugiés n’est pas une évidence pour tout le monde. Le lieutenant Lemaire, responsable des Casques bleus Belges à l’ETO, interviewé par La Libre Belgique en 2006, explique que pour les responsables du peloton « les accueillir risquait de compromettre la neutralité de la MINUAR » C’est sous l’instance des maîtres des lieux, les Pères salésiens, que les réfugiés vont pouvoir s’installer.

Les environs de l’ETO, près de l’entrée de l’école, ainsi que les routes étant truffées de miliciens, certains étant tués avant d’arriver à destination. D’autres ont dû négocier avant de pouvoir être acceptés dans l’enceinte de l’école. Selon Jeanne d’Arc Kayitesi, rescapée interviewée par African Rights, certains groupes ont été interdits d’entrée.

Un point commun : tous les réfugiés sont certains d’être en sécurité à l’ETO car c’est un établissement catholique, qui plus est une base militaire occidentale. Madeleine Mugorewera explique à African Rights qu’en 1962, étant enfant, elle s’était réfugiée avec ses parents chez les missionnaires de l’ETO et avait eu la vie sauve.

À l’intérieur, les réfugiés sont livrés à eux-mêmes. La nourriture se fait rare, les conditions de vie sont spartiates. Selon la plupart des rescapés, ils n’eurent aucun soutien moral de la part des soldats belges : ils gardèrent leurs distances.

Bientôt, les Casques bleus déclarent l’établissement « complet ». Même certains blessés se voient refuser l’entrée. Certaines familles ont des gens à l’intérieur et à l’extérieur de l’école, et se parlent à travers la clôture.

Ceux dont l’entrée est refusée dorment à la belle étoile sur le terrain de sport, sans aucune assistance. Ils doivent s’organiser eux-mêmes : « Nous n’avons reçu aucune aide de leur part. Pas de couverture, ni d’eau, de nourriture, rien. Personne de la Minuar n’est venu voir comment nous allions. » Les expatriés occidentaux sont eux accueillis à bras ouvert et traités avec considération, selon le constat amer des réfugiés : « Je ne pense pas qu’ils voyaient en nous des êtres humains » raconte Agnès Nyirabasinga.

Le 10 avril, la veille du retrait des Casques bleus et du massacre, est marqué par une tension accrue : alors que les rumeurs de départ des soldats de l’Onu circulent et que les expatriés sont informés qu’ils pourraient être évacués à tout moment, le terrain de sport est attaqué par les miliciens, repoussés par les tirs des Casques bleus. C’est la démonstration même de l’utilité de leur protection et de ce qui allait se passer dès leur départ.

Le 10 avril eut comme autre événement l’inquiétante visite d’un haut gradé de l’armée rwandaise, le colonel Rusatira, directeur de l’École supérieure militaire. Il vient rassurer les Hutu présents à l’ETO et leur demande de rentrer chez eux. Plusieurs centaines d’entre eux s’exécutent. Il assure que les gendarmes (ou d’autres militaires) garderont les lieux après le départ des Belges. Il propose en vain aux réfugiés de se rassembler à la préfecture de Kigali, qui bien évidemment refusent.

Le retrait

Le rapport de l’enquête indépendante (Independent Inquiry) de 1999 souligne que l’ordre de retrait ne devait théoriquement venir que du commandant de la Minuar, c’est-à-dire Roméo Dallaire. Or entre temps, le 8 avril, les Belges décidèrent d’évacuer leurs ressortissants (opération Silverback, qui débarque le 10 dans l’après-midi ) et ce fait a « brouillé la perception » du contingent de l’Onu stationné à l’ETO (qui est, on l’a vu, composé de soldats Belges) : les Casques bleus ont commencé à répondre aux ordres et à partager du matériel avec la force d’évacuation belge Silverback. À cela s’ajoute le fait que les expatriés en question à l’ETO étaient pour leur grand majorité... Belges.

Le matin du 11 avril, un petit convoi de militaires français débarque à l’ETO ce qui fait soupçonner les réfugiés tutsi que l’évacuation des Occidentaux se précise. À 10h, le lieutenant Belge responsable des Casques bleus tient à rassurer les réfugiés en promettant de ne pas les abandonner.

Le colonel Rusatira revient à 11h et parle d’un retrait inéluctable des soldats belges. Il assure que le gouvernement rwandais, à travers ses forces de sécurité, protégera les civils réfugiés à l’ETO.

Un stratagème va être utilisé pour détourner l’attention des réfugiés tutsi afin de pouvoir partir sans trop de heurts et de panique, pouvant compromettre l’évacuation des ressortissants occidentaux : une distribution de nourriture a lieu dans le bâtiment principal alors que les Bérets rouges français sont en train de charger dans trois bus les ressortissants occidentaux. Nous sommes aux environs de 12h30.

Les soldats Belges de l’ONU sont partis de l’ETO dès l’évacuation, par les troupes françaises de l’opération Amaryllis, du groupe d’expatriés qui se trouvaient dans l’enceinte de l’établissement. « On n’envisage à aucun moment qu’ils seraient partis en abandonnant les ressortissants occidentaux ! » fait remarquer Serge Farnel, qui a analysé le rapport d’African Rights et publié une critique du film Shooting Dogs, le long-métrage anglais basé sur les tragiques événements de l’ETO.

Malgré tout, certaines personnes, se sachant vouées à une mort certaine, se sont jetées sous les roues des camions pour empêcher ceux-ci de prendre la route. En vain. Scène décrite pour African Rights par Jean-Paul Biramvu – alors secrétaire général de la Collectivité rwandaise des Ligues et Associations des Droits de l’Homme (CLADHO).

Zahabu, la fille de l’opposant Boniface Ngulinzira :

« Quelques réfugiés de l’ETO sont devenus fous tout d’un coup, je vois ma mère qui court avec eux. Ils implorent pitié, ne nous laissez pas. Certains essaient de s’agripper aux camions. Devant tant de détresse, quelle est la réponse de ceux qui “sauvent” l’humanité de sa perdition ? Ils tirent en l’air pour faire éloigner les réfugiés. Indécence. Les réfugiés reculent de peur, ils croient que les casques bleus tirent sur eux. »

Elle ajoute :

« Nous sommes si seuls, dans un océan d’indifférence. La mort est, et le mot est faible, certaine. Nous nous sentons trahis. J’imagine que mes parents se sont sentis piégés. Pris en otage. Les casques bleus nous ont évacués eux-mêmes. [de leur domicile vers l’ETO] Mes parents ont mis leur vie et celle de six enfants au total entre les mains des casques bleus. Nous en avons en effet quitté à la maison au nombre de 8. Papa, maman, mon frère et mes trois soeurs, deux autres enfants qui dormaient chez nous car ce sont les vacances de Pâques. Et voilà qu’ils nous laissent au milieu des loups. »

Un Tutsi implore le chef du contingent belge de ne pas partir avant d’avoir au moins tué les enfants par balles, afin qu’ils n’aient pas à subir une mort indicible à coups de machettes. C’est une des scènes marquantes du film Shooting Dogs, immortalisée, dans la vraie vie, par des caméras de journalistes.

Le massacre commence alors que la poussière des camions de l’ONU en train de déguerpir n’est même pas encore retombée.

Assumpta, rescapée, raconte à African Rights que les miliciens étaient prêts à attaquer. Les réfugiés ont vu les Interahamwe pénétrer dans l’enceinte de l’école par l’un de ses points d’accès, tandis que les casques bleus sortaient par un autre.

Angélique, quant à elle, ne comprend pas pourquoi aucun préavis ne leur a été donné. « Si eux n’avaient pas d’autre alternative que de partir », s’insurge-t-elle, « pourquoi ne nous ont-ils pas au moins laissé un fusil pour nous défendre ? »

Le Vif l’Express, livre le témoignage du journaliste Venuste Nshimyimana, qui était à l’ETO avec nous et fut évacué par les casques bleu belges :

« Le colonel Luc Marchal [dit] qu’il avait pris contact avec le chef d’Etat major de la gendarmerie et que ce dernier, le général Augustin Ndindiliyimana, lui avait assuré qu’il enverrait des gendarmes pour garder l’établissement après le départ des Belges. »

Serge Farnel :

« African Rights d’ajouter qu’il est pitoyable de réaliser que si les troupes de la Minuar étaient parties, ne serait-ce qu’un jour plus tard, beaucoup plus de personnes auraient pu être sauvées par le FPR .

Les militaires français qui dirigeaient de fait l’armée rwandaise, avaient choisi leur moment précis pour intervenir à l’ETO. C’est ainsi que l’armée française mit la force onusienne, responsable, en principe, de la protection des expatriés européens et des civils, devant le fait accompli.

Le capitaine Luc Lemaire, de la force belge de l’ONU, à l’occurrence de l’arrivée des Français, requit et obtint de ses supérieurs l’autorisation de quitter l’ETO.

Ayant, au préalable, reçu du Lieutenant-colonel Dewez l’ordre de se rendre à Gitarama afin d’évacuer des ressortissants belges, il profita de la sécurité offerte par l’escorte française pour évacuer son détachement et abandonner les civils sous sa protection à un massacre certain. »

Venantie :

« Le retrait de la Minuar a été planifié en secret et nous a pris par surprise. S’ils nous avaient averti ne serait-ce que 2 heures avant leur départ, beaucoup auraient été sauvés. (…) Un garçon nommé Gakire et moi-même sommes montés dans un minibus rempli de diplomates, de nonnes et de prêtres. Mais un soldats de l’ONU nous a violemment éjecté. » (Left to Die at ETO, p. 58.)

Les génocidaires attaquent l’ETO

African Rights aura recueilli nombres de témoignages et reconstitué avec minutie le récit de la tragédie de l’ETO, publié en avril 2001 :

Dans les minutes qui suivirent l’évacuation des 150 expatriés, complètement encerclés, cherchant désespérément une issue de secours, « on leur a tiré dessus, lancé des grenades et des pierres. Ils furent pourchassés par les miliciens portant des machettes, des gourdins et des lances.  » Anastasie est elle aux alentours de l’école : « Les coups de feu ont éclaté partout. Les hommes voulaient nous défendre. Ils ont dit aux femmes, aux filles, aux enfants et aux personnes âgées de se réfugier dans les classes. Ils se sont défendus avec des pierres, mais les Interahamwe avaient des balles. Les pierres ne pouvaient pas contenir les armes à feu bien longtemps, et ils ont dû abandonner la bataille. »

Aline sur Jambonews :

« Certains déplacés qui se trouvaient au sein de l’ETO ont pu se sauver en fuyant avant que le gros des Interahamwe ne débarque, d’autres ont choisi de rester en pensant que les gendarmes allaient venir à temps pour assurer la protection de l’ETO, c’est ce que les belges nous avaient dit en partant. Ce fut notre cas. Nous avons dans un premier temps choisis de nous cacher à l’intérieur de l’ETO. »

Augustin, rescapé qui avait reçu quelque instruction militaire, analyse :

« Les Interahamwe ont attaqué comme une division armée. Ils surveillaient toutes les routes, tous les chemins, le moindre trou dans les clôtures ; en d’autres termes, toutes les issues possibles. Ils sont arrivés en tirant. »

Il explique que les miliciens étaient organisés de façon à ce que les fuyards qu’ils soient partis vers la droite ou vers la gauche, se retrouvent tous dans un couloir qui les menaient à Sonatubes, l’entreprise de matériaux.

Madeleine se rappelle toutes les sortes d’armes utilisées par les tueurs :

« Ils ont tiré sur les réfugiés et leur ont lancé des grenades. Ils étaient armés de massues, de lances, de gourdins, de machettes et toutes sortes d’autres armes. » (Left to Die at ETO, p. 60)

Anastasie :

« ça tirait de partout. Les hommes ont voulu nous défendre. Ils ont dit aux femmes, enfants et personnes âgées de se retirer dans les salles de classe. Ils ont combattu en jetant des pierres mais les Interahamwe avaient des balles. Les pierres n’ont aps pu contenir longtemps les armes à feu et ils ont dû abandonner la partie. Nous nous sommes alors tous enfui de l’ETO. »

Jeanne d’Arc Kayitesi :

« Les Interahamwe (miliciens) nous ont trouvé [dans la salle de classe] et ont tiré sur notre groupe. Je suis parvenue à sortir de la salle. Je vis mon frère Rutaremara et ses enfants Elie, 3 ans, et Tahita, 2 ans gisant devant la porte. J’ai dû les enjamber pour sortir. Les restes de mes frères et de leurs enfants étaient toujours là après le génocide, leurs ossements étaient sous leurs vêtements que je reconnaissais. Frédéric a aussi été tué à l’ETO. Je les ai vu lui tirer dessus. Il était en train d’essayer de s’enfuir avec un certain Yovine. »

Beaucoup d’autres témoignages dans le rapport d’African Rights parlent de l’utilisation des armes à feu. Il serait fastidieux de les citer tous.

La belle-soeur de Jeanne, qui avait accouché dans les buissons deux jours plus tôt, n’avait aucun moyen de s’échapper :

« Ma belle-soeur Joseline ne bougeait pas. Elle a pris son bébé de deux jours et l’a mis sur ses genoux et a attendu la mort. Elle disait qu’elle était trop faible pour bouger. Elle est restée dans la pièce où elle dormait et a certainement dû être tuée là-bas. »

Aline, sur Jambonews :

« Ceux qui sont restés dans le camp ont d’abord essuyé des rafales de tirs à l’aveugle. Beaucoup ont péri. Certains ont réussi à s’enfuir dans le chaos. Ce fut mon cas. »

Il semble que les victimes tuées directement à l’ETO sont en majorité les personnes les plus vulnérables, qui avaient du mal à se déplacer et étaient regroupées dans les bâtiments, ainsi que ceux qui ont tenté de les défendre. D’autres, quelques dizaines, ont réussi à rejoindre la zone FPR. Et enfin, ceux qui sont sortis de l’ETO ont été dirigés par les miliciens vers l’entreprise Sonatubes.

La marche de la mort entre
Sonatubes et le mont Nyanza

Sur le chemin vers Sonatubes, les bas-côtés sont jonchés de cadavres et certains sont tués en route. Mais un certain nombre est dirigé et arrive vers Sonatubes. Ernestine Gasibirege se souvient que « de nombreux soldats nous surveillaient de près ». Maximilien souligne le fait que c’est bien l’armée rwandaise (FAR) qui est aux commandes. Selon plusieurs rescapés, c’est le colonel Rusatira qui donne l’ordre d’emmener les réfugiés au Mont Nyanza, sous le prétexte d’assurer leur sécurité.

La marche vers le Mont Nyanza est décrite par les rescapés, escortés par les soldats et les miliciens, comme une « marche de la mort ». Les réfugiés sont insultés le long de la route par une foule d’habitants, battus, humiliés, ceux qui n’avancent plus sont achevés, certaines jeunes filles sont extraites du cortège pour être violées. À 17 heures, les réfugiés arrivent à la colline Nyanza.

Un nombre plus impressionnant encore de soldats et de miliciens les attendent.

« Les tueries n’ont pas commencé tout de suite. On a laissé les réfugiés contempler la mort pendant une demi-heure. Au moment où les soldats s’apprêtaient à lancer les premières grenades, l’un d’eux remarqua une famille hutu dans la foule. Les assaillants se sont arrêtés, et ont demandé à tous les Hutu qui restaient de se mettre de côté, leur donnant une chance de survivre. Quand bien même certains furent effectivement épargnés, Paul Secyugu fut reconnu comme étant un membre de l’opposition du PSD (parti social-démocrate) et assassiné. »

Certains Tutsi ont alors voulu se faire passer pour des Hutu : ceux déjà connus comme Tutsi ainsi que ceux ayant des « traits tutsi » furent remis dans la foule ou machettés.

Le massacre final au Mont Nyanza

Ernestine Gasibirege, témoignant pour African Rights en février 2000 :

« Ceux qui avaient des fusils et des grenades ont pris position sur le talus tandis que ceux qui étaient armés de machettes et de gourdins prenaient position en-dessous. Ensemble, ils formaient une ceinture autour de nous. Quelques minutes plus tard, le “travail” a commencé. Ils ont commencé à tirer sur nous et les grenades ne cessaient de pleuvoir. Après avoir épuisé les grenades et les balles, les tueurs ont employé les armes blanches pour achever ceux qui n’étaient pas complètement morts. Ils les dépeçaient à la machette, les achevaient au gourdin, à la lance ou avec d’autres armes traditionnelles. Ils ont continué jusque tard dans la nuit. » (traduction Jambonews)

Jacqueline parle d’une « pluie de balles et de grenades ».

Spéciose est frappée par le silence pendant que les soldats tiraient et lançaient des grenades :

« Nous étions sous le choc. (…) C’est seulement par la suite que l’on a pu entendre les gémissements des victimes à l’agonie. (..) Des enfants pleuraient sur les corps de leurs parents. »

Après les tirs viennent les armes blanches, utilisées pour achever ceux qui respirent encore, ainsi que les pillages. Mais la nuit tombe et les miliciens décident de terminer leur macabre besogne le lendemain.

« J’ai serré Gustave et me suis dit que j’allais mourir avec mon fils [Gustave] dans mes bras, explique Yvonne Mukanubaha.

J’ai été touchée dans le bas du dos et dans la fesse. En recevant les premières balles, j’ai eu la chance de tomber rapidement et d’être ensevelie par d’autres corps. »

 

Les soldats ont tiré jusqu’à épuisement des munitions. Spéciose entend les soldats dire qu’ils n’ont plus de munitions et demander aux miliciens d’utiliser la « méthode traditionnelle ».

Quand à Vénuste Karasira, il est enseveli sous les cadavres. Une seule solution : faire le mort, car les miliciens viennent ensuite achever à l’arme blanche les survivants de la grande fusillade. Or une des techniques des miliciens pour s’assurer si la personne était réellement morte était de marcher sur l’estomac des victimes. (African Rights)

Mais le pire à ce moment-là est probablement la présence de jeunes enfants, cherchant de l’aide et du réconfort, rendant le dilemme particulièrement difficile.

Dans un témoignage pour l’USC Shoah Foundation, Vénuste raconte :

Ma fille m’a dit, ’’Papa, papa, donne-moi de l’eau’’. Elle venait juste d’apprendre à parler et me disait qu’elle mourait de soif. Un milicien l’a entendue : ’’Papa ? Attends, cafards, laisse-moi te montrer !’’ Il l’a poignardée au front, ça l’ transpercée. À vrai dire, je voulais...

J’aurais pu devenir fou de rage et l’attraper, mais je faisais semblant d’être mort. (https://www.youtube.com/watch?v=h0oXIDw-qIg)

Le journal Le Monde fait ce récit :

Lorsque les miliciens reviennent dans la soirée pour prélever les bijoux et les montres sur les dépouilles, Gustave se met à hurler de soif. Un milicien l’arrache des bras de sa mère et lui assène un coup de machette sur le bras avant de le laisser tomber. La nuit est un enfer. Au milieu des cadavres, Yvonne Mukanubaha, ne pouvant plus marcher à cause de ses blessures, tente de s’échapper en rampant au sol.

Au petit matin, elle sera finalement secourue par des soldats du Front patriotique rwandais (FPR) en compagnie de 80 survivants. Gustave est parmi eux. Même s’il a aujourd’hui des difficultés à saisir certains objets à cause des nerfs de son bras qui ont été sectionnés, il va bien. Il a fêté ses 27 ans et suit des études d’informatique à l’université.

Un groupe de survivants, qui n’a pas vraiment réussi à s’éloigner des lieux dans la pénombre, est intercepté par une dizaine de miliciens armés de fusils et d’armes blanches.

Vénuste est parmi eux :

« J’ai mis ma tête entre mes jambes, assis, attendant qu’une machette ou qu’une balle me tombe dessus. Alors que j’étais promis à une mort certaine, j’ai été surpris de voir le milicien avec le fusil s’écrouler d’un coup. Les soldats du FPR, entrés dans le village, venaient de lui tirer dessus. Les autres miliciens déguerpirent. »

Nous sommes le 12 avril, juste au lendemain du massacre, et les militaires du FPR ont pris le contrôle du Mont Nyanza.

À noter

Le film anglais Shooting Dogs, sorti en 2005, est entièrement consacré à ce massacre. Son titre renvoie à une anecdote terrible concernant les soldats de l’Onu, n’ayant quasiment pas fait usage de leurs armes à feu, si ce n’est pour tirer sur les chiens errants qui dévoraient les cadavres dans la rue et devenaient agressifs. Une autre scène fait allusion au fait qu’aucun Tutsi ne devait être évacué par les Occidentaux, contrairement au chien de la femme de l’ambassadeur de France.

Le producteur et coscénariste du film, David Belton, travaillait en 1994 à Kigali pour la BBC. À travers ce film, il a voulu «  rendre hommage à tous ceux dont les télévisions du monde entier ont refusé de montrer la mort en direct sous des prétextes fallacieux ». Beaucoup d’autres journalistes, qui ont dû quitter les lieux, ont témoigné le désintérêt des rédactions à l’époque.

Pour le cinéaste Georges Kapler, « le fond historique global sur lequel le scénario s’appuie est malheureusement dénaturé. Ce n’est pas sans conséquences : décrivant l’horreur il en occulte la mécanique, réduisant ainsi l’horreur. »

Les soldats français de l’opération d’évacuation des Occidentaux (opération Amaryllis) qui, il est utile de le préciser, n’étaient pas en danger auraient pu user de leur influence pour escorter les réfugiés, passer les barrages et les amener en zone FPR, qui était assez proche.

Selon le père Louis Peeters, étant donné que « les Français avaient une certaine influence sur la politique rwandaise, comme ils étaient présents au moment de l’évacuation, ils auraient facilement pu escorter les réfugiés jusqu’au stade Amahoro ».

Selon un témoignage tiré du livre Conspiracy to murder (Conspiration pour tuer) de Linda Melvern (Éditions Verso, avril 2004), nous indique que « les Français promirent aux gens qu’ils allaient rester  ». Ce faisant, ils facilitèrent la fuite du contingent belge de la Minuar. Boniface Ngulinzira, dont le nom était en tête de liste des opposants à éliminer, eut beau supplier les militaires français de l’emmener avec eux, ces derniers refusèrent. Il fut l’une des victimes du massacre de l’ETO.

Georges Kapler analyse la situation :

« Les opérations Amarilys (française) et Silverback (belge) ne pouvaient évidemment pas évacuer tous les rwandais visés par le génocide. Il faut savoir, et l’histoire de M. Ngulinzira en est un parfait exemple, que les Français n’ont évacué que des responsables politiques Hutu proches de Mme Habyarimana et du Hutu Power, c’est-à-dire les dirigeants proches des assassins. Évacuant les uns, pour la plupart réfugiés à l’ambassade de France, et abandonnant les autres aux bourreaux, les responsables Français ont fait la preuve de leur complicité avec les assassins. »

Le cinéaste continue et fait une remarque importante :

« Il est fréquent d’entendre nos responsables politiques français accuser l’ONU d’être coupable du retrait des forces de la MINUAR, comme si la France, membre permanent du Conseil de Sécurité, n’avait pas voté le retrait de la MINUAR et soutenu par la suite la présence à l’ONU du Gouvernement Intérimaire Rwandais qui menait le génocide.Et ce, contre l’avis d’autres membres du Conseil de Sécurité, comme la Nouvelle-Zélande ou la Tchécoslovaquie. »

À l’époque, Kofi Annan est Sous-secrétaire général à l’Onu et impliqué dans la chaîne de décisions entraînant l’inaction catastrophique de son département du maintien de la paix. Devenu plus tard Secrétaire général de l’organisation, il commissionne un rapport à l’issue duquel il exprimera, le 17 décembre 1999, au nom des Nations Unies, de « profonds remords » pour ne pas avoir pu empêcher le génocide.

Le rapport pointe lui-même les ordres que Kofi Annan a donné au général Dallaire, commandant des forces de l’ONU au Rwanda :

« coopérer avec les commandants français et belge pour faciliter l’évacuation de leurs nationaux et des autres ressortissants étrangers demandant à être évacués », ne « ménager aucun effort pour ne pas compromettre (son) impartialité ni outrepasser (son) mandat », ajoutant qu’il pouvait « à (sa) discrétion le faire si cela était essentiel pour l’évacuation des ressortissants étrangers ».

Enfin, précisait le câble, « ceci ne devrait pas, je répète, ne devrait pas, englober la participation à d’éventuels combats, excepté en état de légitime défense ».

Selon Emmanuel Hakuzwimana, « contrairement au ministre Ngulinzira, Paul Secyugu, hutu et député de l’opposition, avait reçu l’autorisation d’embarquer dans un convoi, mais il avait catégoriquement décliné l’offre, estimant que sa place se trouvait au milieu de ceux qu’il devait représenter au parlement. Il fit évacuer ses deux fils, mais il paya de sa vie sa décision de rester avec les autres. »

Certains Casques bleus belges, au moment de quitter le Rwanda, ont tailladé leur béret bleu devant les caméras de télévision, pour montrer leur dégoût de ne pas pouvoir remplir leur mission. On apprendra plus tard qu’il s’agissait des soldats de la 14e compagnie de paras de Flawinne... qui étaient à l’ETO.

Le rescapé Vénuste Karasira dans Le Monde :

« La communauté internationale nous a lâchement abandonnés et ce traumatisme ne s’efface pas,s’emporte t-il. Quand ils sont partis, les soldats de l’ONU savaient qu’on allait être massacrés. Je l’ai dit à Bill Clinton [président des Etats-Unis pendant le génocide] lorsque je l’ai rencontré en 1998. Il était honteux. »

Répondant sans doute aux critiques sur le fait que le personnel tutsi de l’ambassade de France ou du centre culturel français n’ait pas été évacué ainsi que sur la non protection des civils rwandais menacés, le Premier ministre français de l’époque, Edouard Balladur, dira plus tard que l’évacuation sélective des ressortissants français était « un devoir sacré d’égoïsme national  ». (Jeune Afrique, 30 juin 1994)

***

Quelques noms de victimes : Boniface Ngulinzira (opposant au régime de Habyarimana, ancien ministre ayant participé aux négociations d’Arusha), la fille de Vénuste Karasira, Paul Secyugu (député de l’opposition)... Une liste de victimes de l’ETO a été publiée dans le rapport d’African Rights.

Quelques noms de rescapés : Vénuste Karasira, Spéciose Mukayiranga-Kanyabugoyi (épouse de Fidèle Kanyabugoyi, co-fondateur de Kanyarwanda, une association en faveur des droits humains), Agnès Umwali, Yvonne Mukanubaha, Zahabu Ngulinzira, Ernestine Gasibirege, Aline Kabagema, Siméon Hitiyise... Une liste des rescapés a été publié dans le rapport d’African Rights.

Bourreaux : Georges Rutaganda, second vice-président de la milice Interahamwe et membre du bureau politique du parti au pouvoir (MRND), condamné par le TPIR (Tribunal pénal International pour le Rwanda)

Certains rescapés accusent le colonel Léonidas Rusatira d’être impliqué dans le massacre (il facilite, lors de sa visite à l’ETO, le retrait des Casques bleus en promettant un escadron de protection du gouvernement puis il donne l’ordre de diriger les rescapés regroupés à Sonatubes vers le mont Nyanza, lieu plus discret pour un massacre), et un milicien a évoqué les livraisons d’armes à feu organisées par ce dernier, mais le procureur du TPIR a retiré son accusation pour manque de preuves. Rusatira réside en Belgique.

Le nom de Tharcisse Renzaho est cité également comme étant présent à Sonatubes.

Justice

Des familles de victimes (dont l’épouse de Boniface Ngulinzira) ont porté plainte contre l’État belge, mais ils se heurtent pour l’instant au fait que la justice considère que les Casques bleus étant sous mandat de l’ONU, l’État ne peut être jugé responsable.

Linda Melvern, spécialiste de l’ONU résume le cœur du problème dans le New Times du 15 avril 2019 :

« Je crois qu’il faut se souvenir que ce sont les Belges qui ont retiré les Casques bleus de l’ETO (Kicukiro). L’ordre ne venait pas des Nations Unies, il venait du ministère belge. Luc Marchal, qui était à la tête du contingent belge, n’a jamais vraiment expliqué ce qui s’est passé. Tout le monde était conscient de ce qui allait se passer mais ils ont fait passer leurs intérêts avant. L’ignorance n’est pas une excuse ans ce dossier. »

SOURCES

Film :

Shooting dogs (2005), réalisé par Micheal Caton-Jones, avec John Hurt, Hugh Dancy et Claire-Hope Ashitey.

Presse :

L’école technique officielle de Kigali, mauvaise conscience de l’ONU au Rwanda, Pierre Lepidi, Le Monde, 7 avril 2019

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/04/07/l-ecole-technique-officielle-de-kigali-mauvaise-conscience-de-l-onu-au-rwanda_5446874_3212.html

Serge Farnel, Sauver le chien de l’ambassade de France, La Nuit rwandaise n°2, avril 2007 https://www.lanuitrwandaise.org/revue/sauver-le-chien-de-l-ambassade-de,120.html

Critique du film Shooting Dogs par Georges Kapler (site Internet de l’association Appui Rwanda) http://www.appuirwanda.org/028-shooting-dogs.html

TV :

Témoignage de Vénuste Karasira, France 24, 4 avril 2019 https://www.france24.com/fr/20190404-rwanda-genocide-tutsi-hutu-25-ans-commemoration-reportage-kigali (le reportage est également visible sur Youtube : https://youtu.be/SUncymW_6xk

Rapports :

« Left to die at ETO and Nyanza », Witness to genocide n°13, African rights, avril 2001.

« The Report of the Independent Inquiry into the Actions of the United Nations During the 1994 Genocide in Rwanda », Nations Unies, 1999.

« Les excuses de Kofi Annan » (sous-secrétaire général de Boutros Boutros-Ghali et responsable du département du maintien de la paix de l’ONU pendant le génocide) https://www.deseretnews.com/article/733512/UN-chief-apologizes-for-Rwanda.html

Blogs :

Emmanuel Hakuzwimana, « Rwanda, ETO, récit de la tragédie du 11 avril 1994 » http://www.jambonews.net/actualites/20180414-rwanda-eto-recit-de-la-tragedie-du-11-avril-1994/

« Le 11 avril 1994, l’indifférence les as tués » https://zahaboo.com/2016/04/11/le-onze-avril-1994-lindifference-les-a-tues/

Mis en ligne par Bruno Boudiguet
 5/03/2020
CC by

N°11 • Vol2

La Nuit rwandaise 11 - Volume 2 - 2020 ISBN : 979-10-93440-33-0 EAN : 9791093440330 508 pages / 10 euros RWANDA, DEMAIN / LA NUIT BURUNDAISE / LA NUIT CONGOLAISE / DOCUMENTS / DOSSIER DGR / RWANDA, ILS ECRIVENT / REMERCIEMENTS
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