Cris Even

Edwy Plenel et le génocide des Tutsi

Coup de gueule

Cris Even demande comment le journaliste le plus intègre, et se réclamant d’un anti-colonialisme fondateur, aura pu négliger de s’intéresser aux crimes les plus terribles de la République, comme le soutien aux dictatures d’Amérique latine dans les années 70 et le génocide des Tutsi du Rwanda, en 1994.

Est interpellée ici, plus largement, une série d’intellectuels ou de journalistes, commençant par Bernard Langlois et Denis Sieffert, de Politis, ou Rony Brauman, pour se prolonger dans Siné Hebdo, avec Frédéric Bonnaud, et le silence d’un autre intellectuel prétendant à l’intégrité, Michel Onfray.

Comment ont-ils pu ignorer aussi superbement les événements les plus graves dont nous aurons été contemporains ?

Quant à Edwy Plenel, rédacteur en chef du Monde pendant le génocide, il aura la responsabilité du traitement plus que médiocre que proposaient Jacques Isnard et Jean Hélène, dont le travail a été critiqué par Jean-Paul Gouteux dans Le Monde, un contre pouvoir ? paru chez l’Esprit frappeur en 2000.

C’est alors que Le Monde colportait le concept des « massacres inter-ethniq­ues » pour éviter de parler de génocide, et donnait la parole aux chefs de milices, sans recul.

Et la mise au placard de Florence Hartman sur la Yougoslavie...

et les meurtres et tortures causés par les ex-génocidaires rwandais sauvés par Mitterrand, Balladur et Juppé, Védrine (…), qui sévissent, grâce à eux, depuis, au Congo-ex-Zaïre et au Burundi.

avec l’aide des militaires français étant aux commandes dans les forces de l’ONU au Congo, en Centrafrique, ...

et la guerre « totale, psychologique, anti-subversive... » inventée par des militaires français en Algérie et utilisée ensuite avec les dictateurs fascistes d’Amérique latine et du Rwanda, avec le soutien de la France !!

ils ont écrit :

Edwy Plenel : Un temps de chien (page 177) :

« Nous sommes forcément comptables de l’image que donne du métier les plus en vue d’entre nous. Le journalisme ne peut à la fois revendiquer son droit de regard et refuser de l’exercer sur lui-même. »

Florence Hartman, La Nuit rwandaise n° 10 : 7 avril 2016 (page 126) :

« Quand j’étais au TPI, j’ai été interdit d’écriture au journal Le Monde. C’est pour ça que j’ai quitté le journalisme... Je ne donnerai pas le nom de celui qui a demandé ma mise au placard, mais je peux donner le nom de celui qui l’a reçue et l’a exécutée, parce que c’est quelqu’un qui défend la liberté de la presse, et qui dit des choses totalement justes... mais qui n’agit pas en cohérence avec les idées qu’il exprime : c’est Edwy Plenel. Il était d’accord avec ce que j’écrivais, mais il a reçu cet ordre de ’je ne sais qui’. Il n’a jamais voulu me dire d’où ça venait – mais l’ordre il l’a exécuté... »

je suis entièrement d’accord avec florence hartmann : plenel agit en contradiction avec ce qu’il dit et ce qu’il prétend être... et aussi avec plenel, donc : « j’exerce mon “droit de regard” » sur lui

Edwy Plenel dit des mots et défend des idées très justes dans tous ses livres : La part d’ombre, Un temps de chien, Les mots volés, Dire non, etc.

- On a vu son rôle dans la mise au placard de Florence Hartmann au sujet de la Yougoslavie.

- Pour le Rwanda, c’est l’omerta et l’inaction quand il devrait être le premier à dénoncer la complicité (voir plus) de la France de Mitterrand dans le génocide des Tutsi au Rwanda !!!!

En effet Edwy Plenel prétend être « un combattant radical contre le colonialisme ».

Ses exemple sont : son propre père, Alain Plenel, Frantz Fanon et Che Guevara dont il vante les combats dans tous ses livres.

Imagine-t-on Fanon, Guevara, ou Alain Plenel se taire quand la France est la grande responsable d’un génocide en Afrique ? Et quand ce génocide n’a pu avoir lieu qu’à cause (grâce à)... François Mitterrand !?

1990-1994 : pré-génocide et génocide au Rwanda. Plenel est journaliste et directeur de rédaction au Monde et il écrit des livres intéressants, mais :

- Rien sur le Rwanda du Plenel journaliste !!

- Rien du Plenel écrivain, qui critique et condamne Barril et les Mitterrand (père et fils), mais ne dit rien de leur plus abominable crime. Crime dans lequel ils emmènent la France pendant ces quatre terribles années.

Et ensuite on ne peut pas dire, non plus, qu’il a pris la tête du combat pour la vérité et la justice au Rwanda !!! contre l’impérialisme criminel de la France au Rwanda...

mon ami, Jean-Pierre Cosse a écrit un bon livre : Alain juppé et le Rwanda

Mais ce qui m’intéresse moi c’est de savoir pourquoi la majorité des journalistes et des politiques en France, se taisent et/ou disent des conneries et des mensonges sur le rôle de la France dans le dernier génocide du XX°siècle.

Surtout quand ce sont des gens dits « de gauche » ou même « d’extrême-gauche ». Et surtout quand il s’appelle Edwy Plenel, anti-impérialiste métis breton-martiniquais.

Moi qui suis seulement breton, j’ai souvent envoyé des mails à Mediapart, on m’a dit qu’on lui avait communiqué. Mais il ne m’a jamais répondu !?

Et pourquoi ils se taisent aussi sur les assassinats, les viols et les tortures, qui se poursuivent au Congo (ex-Zaïre) et au Burundi, jusqu’à aujourd’hui !?

Grâce à une opération faussement dite « humanitaire », les militaires et politiques français ont pu sauver leurs amis génocidaires et les amener au Congo. Depuis ces génocidaires peuvent poursuivre avec d’autres, leurs ignoble propagande et leurs actes nazis au Congo et au Burundi !!

La défense malhonnête et ridicule de Mitterrand, rabâchée encore aujourd’hui par Juppé et Védrine est : « Nous n’avions pas eu l’ordre de l’ONU pour les arrêter. »

Cet ordre, ils l’ont depuis 1945 !! la France est signataire de la convention de l’ONU sur les génocides depuis cette date. Elle leur donne l’ordre d’arrêter tous les génocidaires et de les amener devant la justice internationale !!

Un Président de la République et un récent candidat à cette présidence veulent-ils nous faire croire qu’ils ignorent cette convention ?

dans le n°8 de la nuit rwandaise, jacques schaff écrit (p. 149) :

« Nous entendons les sarcasmes infâmes de ceux qui nous traitent de doux rêveurs de l’humanitarisme, les Védrine, les Péan, qui nous accusent d’être manipulés par les victimes... Ceux-là sont nos ennemis. Et nos ennemis on s’en charge. »

« Par contre protégez-nous de nos amis, ceux qui ont un moment ou à un autre dit un mot, prononcé une parole, signé une pétition... qui allait dans cette reconnaissance indispensable à notre honneur. Or ces amis là, ils parlent un jour puis se taisent toujours. Oui Noël Mamère, José Bové et Eva Joly... vous nos amis, nous ne vous entendons pas, nous ne vous entendons plus. »

Je suis d’accord avec Jacques Schaff : comment peut-on se taire, après avoir parlé une fois de l’horreur de ce qui s’est passé au Rwanda ? Tant qu’on n’a pas obtenu la vérité et la justice.

Surtout Noël Mamère, qui connaît le long parcours historique de ce qui a précédé, préparé et permis le génocide du Rwanda : des guerres d’Indochine et d’Algérie au Rwanda en passant par l’envoi de militaires par la France en Amérique latine.

Mais le cas de Plenel est pire, parce qu’il n’a jamais parlé, lui, de la France en Amérique du sud et au Rwanda, lui « l’opposant radical au colonialisme »  !!

les guerres d’Indochine et d’Algérie où des hauts militaires français ont inventé et testé la doctrine utilisée ensuite dans l’Amérique latine des colonels et des dictateurs, au Rwanda et partout dans le monde

Et au Vietnam aussi car même les militaires des USA ont aussi suivi l’enseignement des français (guerre psychologique et renseignement donc... torture).

Ces militaires français ont été envoyé officiellement partout par des responsables politiques français pour s’allier à des militaires et des miliciens fascistes, qui ont torturé, tué, fait disparaître de nombreux civils, politisés ou pas !!

Noël Mamère a même demandé une commission d’enquête parlementaire après les parutions des excellents et très documentés film et livre de Marie-Monique Robin : Escadrons de la mort, l’école française.

Elle explique l’historique de l’invention et de l’utilisation de la doctrine de la guerre dite « révolutionnaire », « anti-subversive », « psychologique », « totale », « moderne », de l’Indochine et de l’Algérie, puis montre son utilisation, avec l’aide de militaires français, par les généraux et dictateurs d’Argentine, du Chili, du Brésil, d’Uruguay, de Bolivie, etc.

Et comment cette doctrine a fini, provisoirement, sa carrière avec les génocidaires du Rwanda : les soldats belges à l’origine des premiers actes à caractère génocidaire, dans les années 1950-1960 au Rwanda, ont été formés dans les écoles militaires françaises !

Le colonel Bagosora aussi, le « cerveau du génocide », « le diable » a également été formé dans une école militaire française !!

Le lieutenant-général canadien Roméo Dallaire (commandant de la force de paix de l’ONU au Rwanda qui a écrit :

J’ai serré la main du diable. La faillite de l’humanité au Rwanda

Le « diable », le cerveau du génocide, c’est le colonel Bagosora ; il a été condamné à perpétuité par le tribunal international pour le Rwanda.

marie-monique robin parle du génocide du Rwanda à la fin de son livre. elle parle, à ce sujet de Patrick de Saint-Exupéry et de son livre Complice de l’inavouable, la France au Rwanda

Plenel vante le journaliste Albert Londres dans tous ses livres. Il commence son livre La Part d’ombre par une citation d’Albert Londres.

Patrick de Saint-Exupéry et Marie-Monique Robin sont tous les deux des « Prix Albert Londres » !! Il est évident que Plenel connaît ces deux journalistes et leurs livres. Mais il n’en parle jamais [1] !!

Qu’il ne parle pas des deux livres de ces prix Albert Londres, lui qui se prétend d’un « anti-colonialisme radical », qu’il ne parle pas d’un génocide qui a comme grand responsable un président français , dit « socialiste », qu’il a critiqué dans tous ses ouvrages, est invraisemblable !

Qu’il ne hurle pas, pour défendre un pays africain quand l’armée française a été la cause d’un génocide qui y a fait un million de morts, violés et torturés.

Où il a été utilisée pour commettre ce crime imprescriptible une doctrine terrible inventé par des militaires français, ou leurs prédécesseurs, en Algérie, ce pays pour lequel s’est battu Frantz Fanon (le martiniquais) et son père, Alain Plenel, cela est encore plus invraisemblable !!

Il est étonnant que Noel Mamère, comme beaucoup d’autres, se taise après avoir parlé une fois...

...d’autant plus qu’il a montré qu’il connaissait la gravité du problème (Algérie, Amérique latine, Rwanda).

C’est même lui qui a demandé une commission d’enquête parlementaire sur « le rôle de la France en Amérique latine, pendant les dictatures militaires ».

Les deux commissions ont eu les mêmes résultats : mensonges, « dénis de réalités » et « négationnisme » !!

- le rapporteur « socialiste » de la première écrit que si des français ont participé à des meurtres, des tortures, des disparitions (...) « ce fut à titre individuel ».

- dans le même genre « faux cul », pour le Rwanda, Védrine raconte que si des Français ont agi avec les génocidaires rwandais ce ne pouvaient être que « des mercenaires ».

Les deux commissions ont eu des rapporteurs et un président « socialistes ». Pour le Rwanda ce fut : président : un ancien ministre des armées !! et pour rapporteur : un futur premier ministre, et ministre de l’intérieur !!

mais le cas de Plenel est encore plus étonnant. lui n’a jamais parlé sérieusement... Plenel n’a jamais parlé, dans ses livres, de la guerre anti-subversive, ni du génocide des tutsi au Rwanda !!!

- ni des militaires français envoyés en Amérique du sud en soutien aux colonels et dictateurs fascistes.

- ni des militaires français envoyés au Rwanda, en soutien aux nazis rwandais par François Mitterrand et son fils Jean-Christophe chef de la « cellule Afrique de l’Élysée ».

Il est invraisemblable que Plenel, qui a attaqué dans tous ses livres aussi bien Barril que François et Jean-Christophe Mitterrand, ne les attaque pas pour leur crime le plus horrible le plus considérable.

- pourquoi n’est-ce pas Edwy Plenel, mais Pascal Krop qui a écrit Le génocide franco-africain, Faut-il juger les Mitterrand ?

- pourquoi n’est-ce pas Plenel qui dénonce le capitaine Barril, qui a été au service des... nazis rwandais ?

- pourquoi ce n’est pas Edwy Plenel, mais Maria Mallagardis qui écrit :

« France-Rwanda : Paul Barril au cœur des accusations de complicité de génocide : pour la première fois depuis 1994 la justice rwandaise a décidé d’enquêter sur une vingtaine de personnalités françaises. »

La justice française enquête aussi sur le rôle de l’ancien numéro deux du GIGN. (Libération, le 1er décembre 2016)

Libération, un journal dont la désinformation sur le génocide du Rwanda en 1994 avait presque été aussi grande que celle du journal dont Plenel avait été le rédacteur en chef en 1994, Le Monde.

Pourquoi Plenel se tait-il lorsque les Mitterrand et Barril sont les premiers responsables du pire des crimes : le dernier génocide du 20°siècle ?!

Et pourquoi ne s’attaque-t-il pas à Péan ??

Péan est l’un des principaux négationnistes du génocide rwandais et de la complicité française (attaqué entre autre par des nombreux combattants pour la vérité et la justice au Rwanda dont La Nuit rwandaise, Patrick de Saint-Exupéry, Jean-Paul Gouteux, etc...).

Feu Péan servait de larbin aux Mitterrand, à Barril et aux fascistes de l’armée et des services secrets français (la DGSE et la DRM).

Péan a assaisonné Edwy Plenel en attaques plus ou moins basses sur tous les sujets, dans son livre La face cachée du Monde. Du contre pouvoir aux abus de pouvoir.

Il ose reprocher à Plenel ses amitiés envers la police en général et en particulier envers un grand syndicaliste policier.

Certes les alliances de Plenel (avec Minc et Colombani) pour arriver à la tête du Monde, sont d’un goût douteux.

Mais les analyses mensongères et racistes de Péan sont beaucoup plus graves et il est étonnant que Plenel se laisse attaquer, sans riposter.

SOS racisme a attaqué Péan en justice, mais la justice l’a acquitté, sous prétexte que son racisme était... culturel !!!!

À moins que Péan ait gardé en réserve, sous le coude, des choses encore plus graves sur Plenel, comme chantage contre lui ??

quelles pourraient être les causes des non-actes et non prises de positions de Plenel par rapport à ce qu’il dit de lui-même. et en contradiction avec tous ses écrits (livres et articles de journaux) ?

Pourquoi n’a-t-il pas écrit sur des actes criminels commis par des personnages qu’il avait déjà attaqué, avant, pour des faits moins graves ?

Alors même qu’il a écrit certains de ses livres pendant la période (1990-1994) pré-génocide et génocide...

1990, quand « Papamadit » [Jean-Christophe Mitterrand] et son père ont envoyé l’armée française au secours du dictateur nazi rwandais, et 1994, le génocide, avec sauvetage des nazis emmenés au Congo.

De 1990 à 1994, l’armée a formés les futurs génocidaires alors même qu’avaient lieu des massacres à caractère génocidaire et que se préparait le génocide. (Militaires, milices et médias de la haine.)

plenel a des amitiés douteuses avec deux négationnistes du « rôle inavouable » de la France dans le génocide du Rwanda :

- Bonnaud appartient, comme Plenel, à Médiapart. Quand il était à Siné-hebdo il a écrit que c’était « une plaisanterie de dire que Mitterrand avait été complice du génocide du Rwanda ».

J’ai écrit à Siné-hebdo, ils ont fait semblant de ne pas comprendre ce que je disais !

J’ai ensuite écrit à Onfray, qui était à l’époque à Siné-hebdo, il m’a demandé de lui foutre la paix.

Pour son ego et sa postérité sans aucun doute Onfray préférait raconter ses conneries sur le supposé soutien au nazisme de Freud, sans doute c’était plus important pour lui que de s’occuper du soutien réel de la France aux nazis rwandais !!

- Sieffert, directeur de Politis et Langlois, son créateur, sont aussi des amis de Plenel : comme Bonnaud, Sieffert a participé à des meetings de Plenel, sur le racisme anti musulman, suite à la sortie de son livre sur le sujet.

Ça fait mieux de s’opposer aux Le Pen, en France, que de s’occuper des crimes racistes et néo-coloniaux de la France !!

En France on dit le pire sur le Front national, mais en Afrique tout le monde agit comme l’extrême-droite et s’allie avec elle : droite, gauche, extrême-droite... et même une certaine extrême-gauche !!

Quand j’étais délégué de Politis, dans les Yvelines, j’ai d’alerté Sieffert et Langlois sur le pire des crimes organisé par la France : le Rwanda.

- Sieffert et Langlois m’ont d’abord répondu (j’ai encore les lettres et mails qu’ils m’ont envoyés) : « bien sûr Mitterrand et Védrine étaient complices du génocide du Rwanda » .

Langlois a rajouté : « mais Védrine est un grand géopoliticien ». Comme si c’était une circonstance atténuante et non aggravante !!

Plus tard, Sieffert a mis le tapis rouge pour le complice du génocide : Védrine eu droit à quatre pages dans Politis, pour dire qu’il était « faux et honteux de dire que la France était complice du génocide du Rwanda » !!!

Puis Sieffert a encore donné quatre pages pour défendre cette thèse.

Et Langlois m’a déclaré qu’il était en parfait accord avec Sieffert. Bien qu’il ait, lui, signé (en 1994) une pétition dénonçant les socialistes qui étaient complice du génocide du Rwanda !!

- Pour ce nouveau Politis, négationniste, c’est Rony Brauman qui est entré en scène : il a inventé la notion de « génocide sans intention ».

Ce qui ne veut rien dire, puisque pour qu’il y ait génocide, il faut qu’il y ait… intention de génocide.

Brauman était quelqu’un que j’aimais bien avant qu’il entre dans le camp des négationnistes de la complicité française avec les nazis rwandais .

[Lire ma ’Réponse à Brauman, Un génocide sans intention’ (page 457), dans la Nuit rwandaise n°4, du 13 mai 2010.]

Les nazis hutu ont préparé et organisé le génocide des tutsi, l’assassinat de 10 casques belges et de quelques français qui avaient vu des choses qu’ils ne devaient pas voir.

Ils ont commencé par assassiner les hutu démocrates et leur famille. Ce qui prouve bien que le génocide était planifié méticuleusement : s’ils ne tuaient pas ces démocrates, dont madame Agathe [Uwulingiyimana], premier ministre, à qui le pouvoir aurait du revenir après la mort du président, ils ne pouvaient pas faire le génocide des tutsi.

D’ailleurs les listes des personnes à tuer (tutsi ou hutu démocrates) avaient été préparées avant que commencent le génocide et les assassinats. Planification ! Planification !

- Pascal Boniface a écrit « les intellectuels faussaires » et « les intellectuels intègres ». S’il avait été intègre, lui, il aurait dû mettre Siefert en tête des faussaires :

Quelqu’un qui dit que Védrine est complice du génocide du Rwanda, puis qui dit le contraire après avoir offert dans Politis une tribune très importante à Védrine !!!

Sauf que Boniface est un ami de Plenel, il écrit dans Politis. et en plus il vient d’écrire un livre avec Védrine !!

Plenel a appartenu à un journal qui était manipulé par les services secrets. Le Monde a donné une information pourrie sur le génocide : il était alors rédacteur en chef de ce journal. Il a obtenu cette place grâce à une alliance contre nature avec Colombani et Minc, qui ne sont pas, eux, des anti-colonialistes de choc :

Jean-Paul Gouteux écrit, dans Le Monde, un contre-pouvoir ?, aux éditions L’Esprit frappeur (page 80) :

« Dans son livre Au cœur du secret, Claude Silberzahn (patron de la DGSE de 1989 à 1993, successeur de Pierre Marion), explique : “Deux interviews dans Le Monde m’ont montré la limite de ce qu’il est possible de faire : le moment de leur parution a été longuement comploté avec les amis que je compte de longue date dans ce journal notamment Jacques Isnard qui les a recueillies et Jean-Marie Colombani qui les a accueillies.”’  »

Dans ce registre, Le Monde apportera sa caution à une des plus scabreuse manipulation tentée par les services secrets pour semer le trouble huit jours après que Colette Braeckman ait publié, dans Le Soir, de Bruxelles, des informations selon lesquelles des français pourraient avoir commis l’attentat contre Habyarimana.

« Le 28 juin 1994, Le Monde se risque à un encadré de première page : “Rwanda : l’énigme de la boîte noire” et, en page 6, un long article où est confié a Hervé Gattegno le soin produire ce qui apparaîtra comme étant un “faux grossier”, une mise en scène de l’ex-capitaine Paul Barril. l’ancien du GIGN... devenu conseiller de la présidente rwandaise... »

Les journalistes du Monde sont conviés dans les bureaux de Secrets, la société de sécurité de Barril, pour admirer une prétendue « boîte noire » de l’avion du président Habyarimana...

Tout l’article est conçu pour mettre en cause le FPR, semer le doute et brouiller les pistes. Pourquoi cette manœuvre ? Ce briefing est une concession troublante au sulfureux Barril, ancien spécialiste des coups tordus et alors que ce dernier lorsqu’il faisait partie de la « cellule de l’Élysée » avait mis sur écoutes Edwy Plenel.

Dans Le Monde du 31 janvier 1990 et celui du 31 mars 1993, Jacques Isnard signe (avec Edwy Plenel pour le premier) deux articles à la gloire de la DGSE. Tous les deux avec le même titre : « Un entretien avec le patron des services secrets ».

Face à des faits très graves, mais moins graves qu’un génocide (la France sous Vichy, la tortures en Algérie, les Algériens jetés dans la seine par la police de Papon…), Plenel et beaucoup d’autres (surtout à gauche et à l’extrême gauche) ont insisté longtemps pour que la France finisse par dire la vérité et que la justice passe.

Sur le génocide du Rwanda c’est le silence, l’omerta, la tromperie, les mensonges, chez presque tous : le déni de réalité (comme l’écrit Marie-Monique Robin), et le négationnisme règnent.

Mais Plenel, lui, il devrait être à l’avant-garde des combattants pour la vérité et la justice sur les atrocités dont la France a été complice, ou qu’elle a commise !!!

En mémoire de son père, de Frantz Fanon, de Bensaid et de Che Guevara...

Un autre diable habite probablement en France : la femme du président rwandais. Mitterrand l’a ramenée pendant qu’il laissait crever (et sans doute torturer) les employés tutsi de l’ambassade de France. Il l’a couverte de roses et de fric au nom de la France !! C’est sans doute, avec ses frères, une extrémiste nazie, qui trouvait son mari trop mou. Barril était son conseiller, une fois son mari mort !!

Les militaires français refusaient d’emmener les tutsi de l’ambassade donc de leur sauver la vie. pendant ce temps l’ambassadeur accueillait le gouvernement des génocidaires.

Le super diable, c’est Mitterrand. La main droite de dieu, enquête sur François Mitterrand et l’extrême droite est un très bon livre... mais moi je dirais que le diable n’a qu’une main : la droite !!

Vichy, la torture en Algérie et les exécutions (avec Mitterrand, ministre de la « justice »), le génocide du Rwanda... je ne voix que la main droite dans tout cela !! des soldats belges et de l’ONU sauvèrent, eux, des tutsi...

Sauf que Marie-Monique Robin a fourni les accords officiels se trouvant dans les archives du quai d’Orsay. Et Noël Mamère pouvait conclure, lors de la lecture du rapport sur le rôle de la France en Amérique latine, devant la commission des affaires étrangères :

« Les arguments avancés par le rapporteur n’étaient ni valables, ni justifiés. Leur seul objectif est d’éviter de faire la lumière et de travestir la vérité. »

(3) « Jean-Christophe Mitterrand fut mêlé, plus ou moins directement à des affaires financières qui n’étaient pas celles de l’État français, mais de certains de ses amis... Au delà des amis, il y a la famille. Non seulement François Mitterrand ne tient pas la sienne à distance, assumant jusqu’à l’excès l’inclination monarchique du présidentialisme français, mais de plus, il tolère des pratiques discutables auxquelles l’argent n’est pas indifférent...

La promotion de son fils, en conseiller pour les affaires africaines, vice-roi d’un domaine réservé, émissaire d’une politique française identifiée au message paternel, avait déjà de quoi étonner et scandaliser. Mais il y eu plus injustifiable encore : le mélange familial des genres se doubla de jeux d’intérêt amicaux (Adefi-international, J.P. Fleury, par exemple), relations publiques de pays africains et de leurs autocrates (Congo, Cameroun, Côte d’Ivoire... acquisition de biens immobiliers, surveillance d’opposants réfugiés en France ...) »

Edwy Plenel : La part d’ombre : pages 317 à 319.

« Paul Barril sait mieux qu’un autre, lui qui continue discrètement à servir depuis sa société S.e.c.r.e.t.s s’entremettant en Afrique et au Moyen-Orient. Sa reconversion en supplétif privé de la France officielle était préparée de longue date... le 14 décembre 1981, alors qu’il était encore officier de gendarmerie, second de Prouteau au GIGN. Secrets propose une panoplie de bouées de sauvetage aux autocrates en péril, notamment africains... C’est la règle non-écrite des crimes d’État de Vichy à l’Algérie : obéissant aux ordres, leurs exécutant sont toujours irresponsables... »

La part d’ombre : page 128 à 131.

(Tous les crimes et méfaits de Barril sont décris dans La part d’ombre sauf le génocide du Rwanda et son plus criminel « autocrate africain ». (De « l’affaire des irlandais de Vincennes » à « l’assaut de la grotte d’Ouvéa ».)

C’est faux. C’étaient des militaires français. Et tout le monde sait (en particulier Védrine) que lorsqu’il s’agit de faire ses pires crimes, la France se sert de ses services « secrets » (DGSE, DRM, etc). Et lorsque c’est encore plus compromettant, elle envoie... des mercenaires !! des... « corsaires de la république », comme Barril, Denard... Barril est un ancien gendarme, un ancien de « la cellule de l’Élysée ». Puis il a créé la société Secret où il est devenu chef mercenaire. Il a été au service des dictateurs nazis rwandais. Il était responsable de l’opération « insecticide » : les « insectes », c’étaient les tutsi !!!

Et néanmoins : après le génocide, il a monté de grade dans... la gendarmerie !! en remerciement ?? Sans la France il n’y aurait pas eu de génocide : l’armée rwandaise aurait été battue dès 1990 par le Front de libération : les fascistes, qui sont capables de torturer et tuer des civils, sont incapables de se battre et de gagner contre une vraie armée, de vrais militaires. (Comme en Argentine, voir Escadrons de la mort : lorsque les fascistes sont opposés aux anglais pendant la guerre des Malouines, ils fuient misérablement.)

Dans Un temps de chien. Plenel a écrit ce livre, suite au « suicide » de Bérégovoy et parce que Mitterrand avait traité de chien les journalistes qu’il rendait responsable de sa mort. Mais il passe au début beaucoup de temps sur le prétendu suicide de de Grossouvre : il parle des amis africains de Grossouvre sans parler du président du Rwanda, sans dire que c’est lui qui a envoyé Barril lui servir de conseiller et garde du corps. De même qu’il oublie de remarquer que ce président a été assassiné la veille du « suicide » de Grossouvre !!

Il ne dit pas non plus que son fils, ainsi que des journalistes, pensent que Grossouvre ne s’est pas suicidé, donc a été assassiné... Même sur des sujets annexes, Plenel évite de parler de tout ce qui pourrait toucher au Rwanda.

Tout cela avec l’aide et la complicité de militaires et politiques français. Mais Brauman et Politis ont donc inventé le « génocide sans intention ». Un génocide qui arrive par hasard, sans avoir été préparé, organisé, planifié. Déjà des massacres de Tutsi et des pogroms avaient eu lieu en 1959 sous la présidence Kayibanda, de 1959 à 1967. Déjà Bertrand Russel, du Tribunal Russel, avait parlé de génocide ! Russel, un véritable anti-meurtres des colonialistes, lui. Dès 1990, (à l’arrivée de la France, pour soutenir les nazis au pouvoir) et jusqu’à avril 1994 (le génocide), des massacres à caractère génocidaire ont eu lieu !!

Le génocide : une préparation de 4 ans, ou de 30 ans : Brauman a raison, ça n’a pas été préparé c’est arrivé par hasard !! ça été annoncé de 1990 à 1994, par :

- des ambassadeurs français, des associations des droits de l’homme. Le président de l’association Survie l’a annoncée à la télé, au journal de 20 heures, sur Antenne 2 ;

- deux médias nazis : le journal Kangura et la Radio mille collines, dite aussi... radio machette !!

- et des machettes, des mitraillettes, des grenades et autres outils de mort avaient été livrés aux militaires et aux milices formées par des militaires français !! en plus avant de démarrer le génocide, les nazis hutu devaient assassiner les hutu démocrates, pour pouvoir commencer le génocide, ce qu’ils ont fait !!

Génocide arrivé de nulle part et non préparé, non organisé ???

Messieurs Brauman, Sieffert et Langlois, c’est difficilement soutenable !! et il faut être salement gonflé, hypocrite et dégueulasse pour le soutenir !!

Cris Even

mars 2017

Mis en ligne par Cris Even
 5/03/2020
CC by

[1Signalons néanmoins l’émission « En direct de Mediapart » : Rwanda, la responsabilité de la France, du 24 avril 2014, https://www.youtube.com/watch?v=XXygweundBo [NDLR].


N°11 • Vol1

La Nuit rwandaise 11 - Volume 1 - 2020 ISBN : 979-10-93440-32-3 EAN : 9791093440323 10 euros LE TARTUFFE OU L’IMPOSTEUR / ARCHIVES & TÉMOIGNAGES / LES FAITS SONT TÊTUS / DOCUMENTS / NEGATIONNISME ET EGLISE
Michel Sitbon

Plus de vingt-cinq ans depuis la catastrophe. Il y a un quart de siècle, le génocide des Tutsi sonnait le glas d’une humanité optimiste. Srebrenica, en Bosnie, à quelques heures de route de Marseille, permettait de comprendre qu’il ne s’agissait pas d’une mésaventure exotique, mais bien de quelque (...)

Emmanuel Cattier

Sharon Courtoux « attendit » que Pierre Péan meurt le 25 juillet 2019 pour s’en aller à son tour le lendemain.

Jean-Pierre Cosse

Face au silence de plomb de l’État français sur le génocide des Tutsi du Rwanda, Bernard Kouchner s’est affiché expert sur ce sujet. Il a l’art de révéler au jour des vérités, tout en les accommodant avec des mensonges et des inventions qui mettent en valeur sa propre personne. [1] Ses révélations sont (...)

LNR

Le 7 avril 2019, le président Emmanuel Macron a confié à Vincent Duclert, historien ayant auparavant dirigé la « mission génocide » [1], la direction d’une Commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi, commission devant consulter l’ensemble des fonds (...)

Cyril Hauchecorne

L’accès à l’ensemble des archives publiques concernant la politique de la France au Rwanda ces quarante dernières années, et en particulier aux archives du président Mitterrand, n’a pas pour but de faire émerger une vérité déjà plus qu’il ne faut établie, à savoir la participation de la France au génocide (...)

Association Survie

Vingt-cinq ans jour pour jour après les trois jours de massacres qui se sont poursuivis au vu et au su de l’armée française dans les collines de Bisesero du 27 au 29 juin 1994, les rescapés et les autres parties civiles ont appris hier le rejet d’une demande de réouverture de l’instruction d’une (...)

 La Nuit rwandaise | 2000 · 2020