Attentat du 6 avril 1994 au Rwanda : ou en est l’enquête française ?

François Graner
10/05/2015

Attentat Habyarimana
Pôle anti-terroriste de Paris

On soutient depuis plus de vingt ans, dès le premier numéro de Maintenant, en janvier 1995, puis dans tous les ouvrages publiés sur ce sujet par l’Esprit frappeur, et enfin dans la Nuit rwandaise, l’hypothèse d’une responsabilité directe française dans l’exécution de l’attentat contre Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994.

C’était, dès juillet 1994, le plus probable au vu de l’absence de réponse aux accusations très précises rapportées par Colette Braeckman.

Plus parlant encore, non seulement l’absence d’enquête jusqu’en 1998, mais que le seul contrefeu se soit présenté sous la forme de la très peu plausible thèse incriminant le FPR, soutenue d’abord par le capitaine Barril, dans un numéro de pitre destiné à faire diversion au lendemain des informations de Braeckman, puis développée par Stephen Smith (précédé de Jeune Afrique), suivis en 1998 par l’inénarrable enquête du juge Bruguière, pour devenir la rengaine d’Onana, Péan et consorts.

Plus de dix ans d’une construction qui aura même bénéficié du renfort de SAS aussi bien que de distingués universitaires, tel André Guichaoua, s’est effondrée comme château de cartes, dès lors que Marc Trévidic a remplacé Bruguière comme juge « anti-terroriste », ouvrant une véritable enquête.

Commençant par le commencement, Trévidic ordonnera une expertise balistique dont la conclusion suffisait à invalider le travail de Bruguière en déterminant le point de départ des tirs. Ainsi les missiles auraient été tirés du camp de Kanombe ou de ses abords.

On aurait aimé que cette enquête se poursuive dans d’aussi bonnes mains, mais voilà le juge Trévidic promu vice-président du tribunal de Lille…

(...)

attentat_du_6_avril_1994_-_ou_en_est_l_enquete_francaise.pdf
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 10/05/2015

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